Actualités of Saturday, 5 September 2026

Source: www.camerounweb.com

Tentative de coup d’État : Une transition se prépare au Cameroun

Pour l’heure, aucune de ces hypothèses n’est officiellement confirmée Pour l’heure, aucune de ces hypothèses n’est officiellement confirmée

Une possible reconfiguration du pouvoir au Cameroun se dessine à partir de révélations attribuées à Maxime Eko Eko et au capitaine Effoudou sur une tentative présumée de coup d’État en 2023. L’on se dirige vers l’hypothèse d’une transition institutionnelle, notamment à travers la création éventuelle d’un poste de vice-président.

Ces dernières semaines ont été marquées par plusieurs révélations portant sur des sujets particulièrement sensibles au Cameroun. Elles émanent notamment de deux personnalités ayant occupé de hautes fonctions stratégiques au sein de l’appareil sécuritaire de l’État : Maxime Eko Eko, ancien directeur général de la DGRE, et le capitaine Effoudou, ancien chef de service des renseignements à l’état-major particulier du président de la République.

Selon les déclarations rapportées par ces deux personnalités, une tentative de coup d’État aurait été préparée en 2023 contre le président Paul Biya.

Lors d’un face-à-face au tribunal, il y a quelques jours, dans le cadre du procès de Martinez Zogo, Maxime Eko Eko aurait déclaré avoir été arrêté au lendemain du dépôt, auprès du président de la République, d’un rapport relatif à cette tentative de coup d’État.

Trois ans après la mort de Martinez Zogo et trois ans après les événements évoqués par l’ancien patron de la DGRE, ces éléments sont désormais exposés au grand public.

Une coïncidence interroge toutefois certains observateurs : ces révélations interviennent dans un contexte marqué par une reprise en main progressive de l’appareil sécuritaire et militaire, avec des nominations et affectations de nouveaux généraux, des mouvements au sein de la justice militaire ainsi que dans la chaîne logistique des forces armées.

Le cas Maxime Eko Eko : victime ou détenteur d’informations sensibles ?

Ancien patron de la DGRE, Maxime Eko Eko occupait l’une des fonctions les plus stratégiques de l’appareil sécuritaire camerounais.
Les circonstances de son arrestation, telles qu’elles ressortiraient des débats judiciaires récents, soulèvent des interrogations. Il aurait été interpellé peu après avoir transmis aux autorités un rapport portant sur une tentative de déstabilisation du pouvoir.

Une semaine après son arrestation, une source proche de l’appareil sécuritaire aurait pourtant affirmé que l’ancien patron de la DGRE devait retrouver rapidement sa liberté.

Trois ans plus tard, il est toujours incarcéré.

Pour certains observateurs, cette situation pourrait s’expliquer par la volonté de laisser progressivement émerger, au cours des procédures judiciaires, les éléments relatifs à l’affaire Martinez Zogo et à la tentative présumée de coup d’État.

Il s’agit évidemment d’une lecture politique des événements qui reste à démontrer.

Le capitaine Effoudou met directement en cause le SGPR

Contrairement à l’ancien patron de la DGRE, le capitaine Effoudou aurait, dans une interview accordée à Morgan Palmer, désigné nommément une personnalité qu’il présente comme étant impliquée dans la tentative de coup d’État : le secrétaire général de la présidence de la République (SGPR).

Une accusation particulièrement lourde, qui soulève une question majeure :
Si le SGPR était réellement impliqué dans une tentative de coup d’État et que les services de renseignement en avaient informé le président Paul Biya, comment expliquer qu’il lui ait ensuite confié des responsabilités aussi stratégiques ?

Le SGPR a notamment piloté les consultations au palais présidentiel en vue de la préparation de l’élection présidentielle. Il aurait également joué un rôle important dans la gestion de la crise postélectorale.

Plus récemment, son nom est évoqué autour de l’hypothèse de la création d’un poste de vice-président de la République.
Coupable ou victime ?

Ce contexte peut justifier qu'une certaine opinion s'étonne de la confiance que le chef de l'Etat semble lui renouveler.

Les mouvements observés ces derniers mois au sein de l’appareil sécuritaire et militaire alimentent, en tout cas, les spéculations sur une possible reconfiguration du pouvoir autour du président Paul Biya.
Certains y voient les prémices d’une transition institutionnelle qui pourrait, à terme, conduire à la création d’un poste de vice-président chargé d’assurer l’intérim du chef de l’État en cas de vacance du pouvoir — et éventuellement d’achever le mandat présidentiel.

Pour l’heure, aucune de ces hypothèses n’est officiellement confirmée.
Une seule certitude demeure : Paul Biya reste le maître du jeu politique camerounais, et les prochaines évolutions au sommet de l’État pourraient permettre de mieux comprendre le véritable sens de ces mouvements.

Depuis quelques jours, la toile est inondée de photos de Franck Biya dévoilant son statut de bon père de famille en compagnie de ses enfants.

Albin Michel Njilo