Le conflit entre Samuel Eto’o, président de la FECAFOOT, et Alioum Sidi, président de l’ACAF, est une bataille autour de 300 millions de FCFA d’arriérés de primes réclamés par les arbitres. Malgré le déblocage de cette somme par l’État, les arbitres n’ont pas perçu les fonds, ce qui a conduit à une grève en avril 2025 et à des sanctions contre plusieurs arbitres.
Vous vous demandez pourquoi Samuel Eto’o s'en prend publiquement et discrètement à Alioum Sidi ? Ce n'est pas un simple différend administratif. C'est l'histoire d'une machination organisée, d'un détournement de fonds publics, et d'une vendetta contre celui qui a osé réclamer justice pour les arbitres camerounais spoliés.
D’un côté, Samuel Eto’o, légende vivante du ballon rond et président de la Fécafoot, accusé de gérer sa fédération comme un "kartel" impitoyable. De l’autre, Alioum Sidi, ancien arbitre international respecté, devenu le porte-voix d’une corporation laissée pour compte. Au cœur du brasier : une cagnotte de 300 millions de francs CFA, censée solder des années de dettes, mais qui aurait mystérieusement disparu. Grèves, suspensions, élections truquées et plainte devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS)… Voici l’histoire d’une confrontation qui menace de faire exploser l’édifice du football camerounais.
LA POUDRE : 4 SAISONS D’ARRIÉRÉS ET 300 MILLIONS D’IMPÔTS « PORTÉS DISPARUS » : LA RÉALITÉ DES ARBITRES CAMEROUNAIS : UN SYSTÈ PRÉCAIRE
Lors de la saison 2024/2025, l’Association Camerounaise des Arbitres (ACAF), présidée par Alioum Sidi, tire la sonnette d’alarme, l’ACAF a multiplié les correspondances auprès de la FECAFOOT pour réclamer le règlement des primes dues aux arbitres des championnats Élite One et Élite Two.
Le montant des arriérés cumulés sur quatre saisons:
-2021-2022,
-2022-2023,
-2023-2024
-2024-2025 atteint la somme faramineuse de 300 millions de francs CFA.
Pour comprendre l’ampleur du scandale, il faut rappeler la précarité des arbitres camerounais. Contrairement à leurs homologues de la fédération allemande dans Bundesliga, qui perçoivent un salaire fixe annuel de 78 000 euros brut (plus 5 800 euros par match), les arbitres Camerounais ne touchent aucun salaire fixe. Ils vivent uniquement de primes au match :
-35 000 FCFA pour un arbitre international,
-30 000 FCFA pour un arbitre fédéral de première division,
-20 000 FCFA pour un arbitre de deuxième division,
-Prime de déplacement : 10 000 FCFA (si l'arbitre arbitre hors de son lieu de résidence)
-Transport : Variables
-Protection sociale : Aucun Arbitre n'est affilié à la CNPS.
Comparez cela aux 5 800 € que perçoit un arbitre allemand. La différence n'est pas qu'une question de chiffres : c'est une question de dignité et de reconnaissance du travail. Pour les arbitres concernés, ces sommes ne sont donc pas de simples « bonus ». Elles constituent une partie essentielle de leurs revenus.
Face à cette crise sociale, l’État du Cameroun a débloqué les 300 millions demandés pour apaiser la révolte. Mais selon l’ACAF, ces deniers publics, issus des impôts des contribuables, n’ont jamais atteint les poches des arbitres.
LA RÉVOLTE DES ARBITRE : GRÈVE GÉNÉRALE ET RÉPRESSION IMPLACABLE
Le 21 avril 2025, exaspérés par quatre ans d’impayés, les arbitres déclenchent un mot d’ordre de grève par l’intermédiaire de leur syndicat (ACAF).
La réponse de la Fécafoot ne se fait pas attendre, et elle est brutale. Sur ordre de son président, Samuel Eto’o, qualifié par certains amateurs du football camerounais de "CHEF DU KARTEL DE WARDA" :
-Pour les arbitres internationaux :
Déconnexion du badge FIFA. Une sanction grave qui les élimine des compétitions continentales et internationales. Fin de carrière internationale, du jour au lendemain.
-Pour les autres arbitres :
Suspension immédiate et révocation de leurs fonctions. Jusqu'à aujourd'hui, ils restent « au quartier » (interdits d'activité). Jamais ils n'ont perçu l'argent que l'État avait débloqué.
Des carrières et des vies de jeunes camerounais sont ainsi brisées par le bon vouloir d'un pervers narcissique doté d'un égo, qui n'a de limite que l'orgueil de sa petite personne avec le silence complice des autorités camerounaises et de la FIFA.
LA GUERRE DES STRUCTURES : L’ACAF SUSPENDUE, UNE ASSOCIATION FANTOCHE CRÉÉE
Convaincu d’avoir affaire à un opposant trop gênant, Samuel Eto’o ne s’arrête pas à la simple suspension des arbitres. Il veut détruire l'ACAF dans son ensemble, comme il l’avait déjà fait avec le SYNAFOC (syndicat des footballeurs).
Le 6 août 2025, le comité exécutif de la Fécafoot, réuni à Yaoundé, prononce la suspension officielle de l’ACAF et lui retire son agrément (Image 5). Pour l’ACAF et ses soutiens, cette décision constitue une véritable mise à l’écart.
Dans la foulée, une nouvelle structure est créée de toutes pièces : l’Association Camerounaise des Arbitres et Arbitres Assistants de Football (ACAAF). Cette nouvelle organisation, qualifiée de "boniche" par les détracteurs, est immédiatement reconnue par la Fécafoot et se substitue à l'ACAF dans toutes les instances. Cette nouvelle organisation, composée de figures loyales à la direction de la Fécafoot, est admise pour « représenter » les arbitres. C'est un syndicat fantoche contrôlé de facto par ceux-là mêmes qui ont volé les arbitres.
Et c’est précisément à partir de là que le conflit institutionnel devient également un conflit de représentation.
LE COUP D’ÉTAT ÉLECTORRAL : L’ÉLECTION PAR « ACCLAMATION » ET LE RECOURS AU TAS
Pour verrouiller définitivement son pouvoir, Samuel Eto'o convoque le corps électoral de la Fécafoot. Naturellement, l’ACAF d’Alioum Sidi n’est pas invitée. Seule la nouvelle association inféodée (ACAAF) est autorisée à participer.
Le processus électoral se déroule des départements jusqu’au niveau fédéral, aboutissant à la réélection de Samuel Eto’o… par acclamations, un résultat qui était écrit d'avance puisque seule la structure loyaliste avait voix au chapitre.
Mais pour Alioum Sidi et l’ACAF, le dossier ne s’arrête pas là. Refusant de se soumettre à ce qu’il considère comme un passage en force, Alioum Sidi contre-attaque. Il saisit d'abord la Chambre de Conciliation et d'arbitre au niveau du Cameroun, puis le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) pour :
1. Faire annuler l’intégralité du processus électoral.
2. Obtenir l’invalidation de la réélection de Samuel Eto’o à la tête de la Fédération Camerounaise de Football.
LA VRAIE RAISON DU CONFLIT
Voilà pourquoi KOAGNE SAMUEL s'en prend publiquement ET sournoisement au Président Alioum SIDI.
Ce n'est pas une querelle personnelle. C'est une affaire de pouvoir, d'argent public, et de contrôle autoritaire d'une institution censée représenter le football camerounais.
Alioum SIDI a commis un cri/me impardonnable aux yeux d'Eto'o : il a demandé que justice soit faite. Il a refusé que 300 millions de FCFA de fonds publics, argent du contribuable camerounais, disparaissent sans explication. Il a défendu les droits des arbitres spoliés. Et pour cela, il a été systématiquement éliminé des instances du football camerounais.
Le monde du football camerounais regarde maintenant vers le TAS. C'est à cette instance internationale de dire si la justice prévaut, ou si le pouvoir autoritaire triomphe encore une fois de plus. Cette affaire révèle un malaise bien plus profond : celui d’un système où la gouvernance du football camerounais est gangrenée par les conflits d’intérêts, l’opacité financière, les détournements, la corruption et l’absence de justice sociale pour ses acteurs.
Alors que l’affaire est désormais entre les mains du TAS, une question demeure : les 300 millions des contribuables camerounais finiront-ils un jour dans la poche des arbitres ? La réponse, espérée par toute une profession, pourrait bien sceller l’avenir de Samuel Eto’o à la tête de la Fédération.
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