Actualités of Friday, 4 September 2026

Source: www.camerounweb.com

Assassinat de Martinez Zogo : une correspondance de Ferdinand Ngoh Ngoh au cœur des soupçons d'ingérence

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Au-delà de la seule mutation surprise du commissaire du gouvernement Cerlin Belinga, c'est un document précis qui alimente aujourd'hui la thèse d'une instrumentalisation politique du procès de l'assassinat de Martinez Zogo. Une enquête de Jeune Afrique révèle l'existence d'une correspondance signée par le secrétaire général de la présidence, dont le contenu interroge sur la marge de manœuvre réelle laissée à la justice militaire dans ce dossier.



Selon Jeune Afrique, une correspondance datée du 2 décembre 2025 et signée par Ferdinand Ngoh Ngoh aurait explicitement demandé au ministre de la Justice, Laurent Esso, de veiller à ce que le tribunal militaire vide sa saisine au fond, sans aucune mise en liberté provisoire, tout en respectant formellement les règles de procédure. Un document qui, s'il est authentique, établirait un lien direct entre le sommet de l'État et les orientations données à une procédure judiciaire pourtant censée se dérouler en toute indépendance.



Jeune Afrique établit un rapprochement avec un autre épisode survenu fin août : Bruno Bidjang, qui comparaît libre dans ce dossier, aurait été refoulé à l'aéroport de Yaoundé alors qu'il s'apprêtait à s'envoler pour la Chine. Un épisode qui, selon l'enquête, illustrerait la volonté du tribunal de garder un contrôle strict sur l'ensemble des suspects, y compris les plus secondaires, dans un contexte où la moindre décision de liberté ou de déplacement semble scrutée de très près par la hiérarchie judiciaire et politique.



Ce que cette enquête de Jeune Afrique met en lumière, c'est que les principaux accusés du dossier — Jean-Pierre Amougou Belinga et Léopold Maxime Eko Eko — ont eux-mêmes tenté de mettre en avant cette dimension politique pour défendre leur innocence, l'ancien patron du renseignement extérieur allant jusqu'à évoquer son interpellation survenue au lendemain de la remise, au président Paul Biya, d'une enquête sur une prétendue tentative de coup d'État. Si ces éléments restent à ce stade des allégations formulées par des personnes mises en cause, leur convergence avec la correspondance de Ferdinand Ngoh Ngoh et la mutation surprise de Cerlin Belinga compose un faisceau d'indices que les observateurs du procès ne peuvent plus ignorer.