Des bouteilles de gaz de la Société camerounaise de transformation métallique (SCTM) sont abandonnées. Elles déclenchent une panique gouvernementale selon Boris Bertolt. Le lanceur d’alerte évoque dans une publication que nous relayons que la situation de la SCTM inquiète désormais au sommet de l’État.
Face à cette situation, le gouvernement tente d’éviter que les difficultés d’un opérateur ne se transforment en crise d’approvisionnement. Selon les déclarations du ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, le directeur général de la Caisse de stabilisation des prix des hydrocarbures (CSPH) a été chargé d’engager des concertations entre la SCTM et ses créanciers, notamment les importateurs de GPL. Objectif : rechercher des solutions permettant l’apurement des dettes de l’entreprise.
L’urgence est d’autant plus grande que les besoins augmentent. Entre janvier et juillet 2025, 125 085 tonnes de GPL avaient été mises à la consommation au Cameroun. Sur la même période en 2026, le volume atteint 132 902 tonnes, soit une progression de 6,2 % en un an.
Sur l’ensemble de l’année 2025, la consommation nationale de gaz domestique aurait progressé de 13 %. Une évolution qui accroît mécaniquement la pression sur les capacités de stockage, d’emplissage et de distribution.
À cette équation s’ajoute le poids considérable du soutien public au prix du gaz. En 2025, la CSPH a mobilisé 48,96 milliards de francs CFA pour contribuer à maintenir les prix à un niveau supportable pour les consommateurs.
Le Cameroun reste parallèlement très dépendant des importations. Un appel d’offres portant sur 60 000 tonnes de GPL a ainsi été lancé pour sécuriser l’approvisionnement. Ce volume représente près de 40 % des importations de butanes liquéfiés enregistrées en 2025.
La crise de la SCTM dépasse donc désormais le seul sort d’une entreprise privée. Derrière les bouteilles qui ne seraient plus remises dans le circuit se dessine une problématique beaucoup plus sensible : la continuité de l’approvisionnement de millions de ménages camerounais.
C’est ce qui explique l’implication directe du gouvernement et de la CSPH dans les discussions avec les créanciers. Il s’agit d’éviter qu’un contentieux financier ne perturbe davantage une chaîne déjà soumise à une demande croissante. La question devient alors stratégique : comment sécuriser durablement le marché du gaz domestique lorsque la croissance de la consommation, les difficultés financières de certains distributeurs et la dépendance aux importations se rencontrent au même moment ?
Ainsi, pour le gouvernement, achève Bertolt, « l’enjeu est désormais d’empêcher que les difficultés de la SCTM ne provoquent un effet domino sur l’ensemble du marché national du GPL ».









