Avant sa mort, le ministre Gabriel Dodo Ndoke a fait des confidences à deux journalistes, en présence de Martinez Zogo. Le ministre a évoqué des documents sensibles remis à Zogo, des tensions autour d’une éventuelle nomination au secrétariat général de la présidence et des menaces qu’il a reçues. Il a également affirmé détenir des informations graves concernant des faits survenus à la présidence et exprimé la crainte de ne plus être vivant au moment des nominations.
Le ministre Dodo Ndoke aurait rencontré deux journalistes avant sa mort. Au cours de cette rencontre privée à laquelle prenait part Martinez Zogo, le ministre aurait d’abord demandé que la conversation ne soit pas enregistrée : « … s’il te plaît n’enregistre pas si jamais tu en avais l’intention. » L’un des journalistes lui aurait répondu : « Non ! Monsieur le Ministre, ce n’est pas une pratique qui entre dans ma pratique professionnelle, sauf en cas d’enjeu de vie ou de mort. »
Dodo Ndoke aurait ensuite livré cette confidence :
« Voyez-vous, jeunes gens la politique en Afrique en général, au Cameroun en particulier est une scène de tragédie. Contrairement à ce que vous pensez, la sorcellerie y est très violente très violente, ne soyez jamais naïf, il faut serrer le cœur, s’endurcir pour rendre certaines choses relativisables. Il sera toujours temps pour vous de révéler les noms j’ai tout remis à Martinez, photos, documents, tu feras des copies plus tard. Je sais d’emblée que ce n’est pas votre travail. Mais voyez-vous, je vous connais très républicain et très patriote. Vous devez aider le Président de la République à sortir de là. ».
Mais les propos les plus saisissants concernent son avenir politique. Dodo Ndoke aurait confié qu’une nomination au secrétariat général de la présidence était envisagée : « À vrai dire je ne sais pas comment tout ça va se passer mais comme je vous l'ai dit si les choses se passent bien le président pourrait me nommer secrétaire général à la présidence de la République vous êtes jeune et peut-être vous aurez bientôt à gérer ce pays il convient donc que vous imprégniez d'un certain nombre de rouages en fait si les choses se passent bien le président le chef de l'État pourrait bientôt vous confier une nouvelle mission un nouveau défi le secrétariat général de la présidence de la République mais que ceci reste strictement confidentiel. N’en parlez vraiment à personne, c'est l'une des raisons pour lesquelles je vous ai fait venir. J’ai autour de moi les miens qui semblent déjà au courant. Je ne sais comment mais ils ne sont pas contents de la nouvelle. Il se pourrait que je ne sois plus vivant au moment des nominations » et Martinez sursauta : « Quoi ? Monsieur le ministre ? Vous êtes encore très jeune hein ? » Et il répondit à Martinez : « je suis très jeune peut-être, mais la politique elle est plus vieille » fin de citation. « Donc ils semblent déjà au courant et ne sont pas contents parce qu'ils avaient prévu quelqu'un d'autre et ce monsieur est venu me voir avant-hier mardi, il a fait un scandale et il a fait un scandale à mon domicile avec des menaces ».
Le ministre aurait enfin évoqué de graves informations dont il disait disposer : « Ils ne savent pas quoi faire de moi car en plus je suis au courant des faits très graves survenus récemment à la présidence, c’est plutôt abject pour des gens en qui le président a placé sa confiance. »
Boris Bertolt









