L'homme lion, c'est comme cela qu'on l'appelle. Le lion est vieux, fatigué et ne rugit plus fort dans la jungle. Il a perdu son autorité et son aura. À quatre-vingt-treize (93) ans, Paul Biya n'a plus les moyens de sa politique. Comme l'a dit une source approchée, « il se bat pour survivre ».
Le lanceur d'alerte Boris Bertolt ne se trompe pas lorsqu'il dit que la question de la santé du président de la République avait déjà provoqué une confrontation publique entre des médias et le gouvernement pendant le précédent séjour. Paul Biya avait voyagé en Suisse, pays dans lequel il a passé plusieurs semaines, une pratique non conforme à ce que prescrivent les lois du pays, s'agissant de la durée d'un séjour à l'étranger, loin de ses terres et de la population qu'on administre.
Le 18 juin, continue l'informateur susmentionné, le gouvernement avait notamment démenti des informations faisant état d'une hospitalisation dans une clinique privée genevoise. En effet, le clan présidentiel assurait à l'époque que Paul Biya demeurait en totale capacité de conduire les affaires de l'État depuis l'étranger, une chose qui, admettons-le, avait surpris plus d'un.
Mais les semaines avaient continué à passer et la vérité devenait de plus en plus évidente. Au 22 juillet, se rappelle Bertolt, Paul Biya était déjà absent depuis quarante-cinq (45) jours. Fin juillet, cette absence avait dépassé les cinquante (50) jours et, début août, elle franchissait la barre des deux (02) mois. Cette situation avait alimenté au Cameroun un débat politique sur la continuité du fonctionnement de l'État, c'est vrai.
Le retour de Paul Biya le 20 août avait donc été présenté par les membres décisionnaires du parti comme mettant un terme aux spéculations. « La Cameroon Radio Television (CRTV) avait notamment souligné que la présence physique du président devait dissiper les interrogations suscitées par son absence », sait-on.
Sauf que « le temps et l'âge ne trompent pas », rappelle le lanceur d'alerte qui annonce un scoop : « Paul Biya va bientôt retourner en Suisse pour de nouveaux soins médicaux ». Les Camerounais estiment qu'on se fout d'eux : « Biya et son clan nous prennent pour des imbéciles ; on n'aime pas être gouverné par des personnes à qui nous n'avons pas donné le mandat ; que ce jeu s'arrête et que Biya aille se reposer parce qu'il est fatigué ; qui trompe qui », sont quelques commentaires repérés sur les réseaux sociaux.









