Les révélations de Jeune Afrique dressent un bilan chiffré, jusqu'ici peu documenté publiquement, de l'ampleur du phénomène de recrutement de jeunes Camerounais par l'armée russe pour combattre sur le front ukrainien, plaçant le Cameroun parmi les pays africains les plus touchés par ce phénomène.
Selon les informations rapportées par Jeune Afrique, qui s'appuie notamment sur une enquête du collectif All Eyes On Wagner publiée en février 2026, le Cameroun aurait fourni quelque 335 recrues à l'armée russe, parmi lesquelles 94 décès auraient été formellement confirmés à ce jour. Un bilan qui, selon le média, place le pays au rang des nations africaines les plus concernées par ces campagnes de recrutement, souvent menées sous couvert de fausses promesses d'emploi, de tourisme ou d'études.
Jeune Afrique relève que la réponse de l'État camerounais face à ce phénomène est restée, jusqu'à présent, particulièrement mesurée. Le média rapporte que le premier geste diplomatique notable est intervenu en avril 2026, lorsque le ministre camerounais des Relations extérieures, Lejeune Mbella Mbella, a convoqué l'ambassadeur de Russie au Cameroun pour évoquer la mort de seize ressortissants camerounais. Une démarche jugée nettement insuffisante par une partie de la société civile, qui réclame une action plus déterminée de la part des autorités.
Le média souligne enfin que la gestion de ce dossier par Yaoundé est rendue plus délicate par la nature des relations qu'entretient le Cameroun avec la Russie, un accord de coopération militaire ayant été signé entre les deux pays en avril 2022 — un contexte diplomatique qui, selon Jeune Afrique, expliquerait en partie la retenue observée par les autorités camerounaises sur ce sujet particulièrement sensible.









