Actualités of Tuesday, 1 September 2026

Source: L'Indépendant n°1059

Violences sexuelles : les Camerounaises crient au scandale

Violences sexuelles (photo d'illustration) Violences sexuelles (photo d'illustration)

Selon les chiffres déclarés par UNFPA, l'Agence du Système des Nations unies pour la santé sexuelle et reproductive, au Cameroun, 44 % de femmes de 15-49 ans en union ou en rupture d'union déclarent avoir subi des violences conjugales et/ou sexuelles. Parmi les personnalités qui se sont exprimées contre ces actes barbares, figure la célèbre footballeuse camerounaise Nchout Njoya Ajara, qui a dénoncé la « vague tragique » de féminicides et appelé à une mobilisation collective contre ces violences.

« Être une femme au Cameroun ne devrait jamais être un risque », a déclaré l'attaquante de 33 ans, considérée comme l'une des plus grandes footballeuses de l'histoire du pays. Passée notamment par des clubs en Russie, en Suède, en Norvège, en Espagne, en Italie et en Arabie saoudite, dont l'Atlético Madrid et l'Inter Milan, Nchout Njoya Ajara utilise sa notoriété pour attirer l'attention sur le phénomène.

« Face à la vague tragique de féminicides qui a frappé notre pays ces derniers jours, le silence est synonyme de complicité », a-t-elle déclaré. Une autre sportive, Monique Ngock, championne d'Afrique avec les Lionnes indomptables lors de la CAN Maroc 2026 a publiquement dénoncé ces violences et demandé la fin du silence.

L'opposition, notamment le SDF, a déposé une proposition de loi à l'Assemblée nationale pour créer un cadre légal spécifique contre les féminicides et durcir les peines. Le MRC exige une réponse judiciaire ferme et une meilleure protection des victimes par les autorités. Si les femmes hésitent à dénoncer leurs agresseurs, c’est peut-être parce que la loi reste trop laxiste à leur égard.

« Cette loi devrait définir les violences basées sur le genre, les incriminer, les sanctionner, mais également les prévenir, avec la possibilité de saisir le juge pour des ordonnances d'éloignement », explique Yvonne Akoa préside l’Association camerounaise des femmes juristes (Acafej) qui plaide pour une loi spécifique sur les violences basées sur le genre.

Le député Cabral Libii, qui dénonce un ensauvagement de la société, milite, lui, pour une loi à caractère dissuasif. « Ce qui est en train de se passer au Cameroun, c'est de la sauvagerie pure et simple, accuse-t-il. C'est inacceptable. Je demande qu'il y ait une aggravation du dispositif répressif qui existe pour que ce dernier devienne dissuasif dès l'énoncé ».

De son côté, la ministre de la Femme et de la famille, Marie Thérèse Abena Ondoa, exprime l'espoir d'un examen d'une proposition de loi lors de la session de novembre.