Plusieurs quartiers résidentiels et commerçants de la ville suffoquent littéralement sous les déchets ménagers : Biyem-Assi (notamment au lieu-dit Montée maison blanche) où les montagnes de détritus rétrécissent la chaussée ; Nsimeyong et le carrefour Victor Hugo, où le bitume a entièrement disparu sous les tonnes de saletés accumulées, bloquant parfois la circulation ; les arrondissements de Yaoundé 3 et de Yaoundé 6 subissent de plein fouet ces dysfonctionnements.
Causes majeures de la crise : le blocage actuel repose sur une combinaison de facteurs financiers, logistiques et démographiques. Notamment, la dette colossale de l’État. Le cœur du problème est d’ordre financier.
L’État cumule des arriérés de paiement s’élevant à près de 13 milliards de francs CFA envers les opérateurs de collecte, paralysant les capacités d’action des prestataires principaux, Hysacam et Thychlof Sarl. Il en résulte une explosion des volumes : la métropole génère désormais près de 3 000 tonnes de déchets par jour, un volume que les infrastructures et le matériel actuels n’arrivent plus à suivre.
Les recommandations issues des états généraux de la gestion des déchets urbains de 2025 (comme la mise en place d’un compte à dotation spécial) sont restées en grande partie lettre morte. Face au ras-le-bol des populations et aux risques sanitaires majeurs (nuées des mouches, odeurs nauséabondes), le gouvernement tente de reprendre la main.
Le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, avant la réunion de crise du 28 août 2026, avait annoncé des mesures punitives strictes. Désormais, toute personne prise en train de jeter anarchiquement les ordures sur la voie publique, s’expose à une interpellation et une garde à vue par la police. Le gouvernement veut interdire la pré-collecte sauvage par tricycles.
Les habitants sont invités à conserver les déchets dans les sacs poubelles fermés à domiciles en attendant le passage planifié des ramasseurs. A moyen terme, des accords ont été initiés par le ministère de l’habitat et du développement urbain pour mobiliser des investissements visant à transformer ces montagnes de déchets en sources d’énergie renouvelable (biogaz).









