L’absence prolongée du chef de l’État avait depuis lors, suscité de nombreuses interrogations au sein de l’opinion publique dans un contexte marqué par plusieurs rumeurs sur son état de santé. Une autre séquence s'ouvre désormais. Elle porte sur l'agenda immédiat du président de la République, là encore avec de nombreuses spéculations.
Maintenant que Paul Biya est de retour, les Camerounais espèrent bien que le pays va se remettre en marche. Les attentes et les interrogations sont nombreuses.
Éric Boniface Tchouakeu, dans un récent éditorial repris par le site Actu Cameroun en fait une liste non exhaustive : le retour de Paul Biya n’est pas de nature, dit-il, à « rassurer les sceptiques à l’instar des principaux leaders et organisations de la société civile qui doutent de sa capacité à diriger le Cameroun ».
Cela même, insiste-t-il, s’il a continué à signer des décrets pendant son absence et au vu d’un certain nombre de faits, comme la non-formation d’un gouvernement, pourtant annoncée à deux reprises, depuis l’élection présidentielle du 12 octobre 2025, ou encore l’éclatement du scandale sur la spoliation de l’État dans l’exploitation de l’or au Cameroun.
Autre fait qui suscite l’interrogation, « c’est l’absence de la nomination d’un vice-président de la République, après la réintroduction du poste en avril dernier, en dépit des polémiques que cela avait suscité ».
La guerre de succession
Justement, pointe le quotidien français Libération à Paris, ce poste de vice-président est au centre de la « guerre qui déchire les héritiers ». Un poste censé désigner celui qui assumera l’intérim après la disparition du président. Et qui fait l’objet d’une bataille entre les deux clans antagonistes qui entourent Paul Biya. Comme dans une classique sitcom de série B, on trouve d’un côté le clan de Chantal, seconde femme du président. Et sur lequel elle exercera vite un ascendant d’autant plus vital pour sa propre survie, qu’elle ne sera jamais totalement acceptée par la famille.
De l’autre, le clan Bulu comme on l’appelle en référence à l’ethnie de Biya. Un réseau familial resté attaché au souvenir de sa première épouse, Jeanne-Irène, décédée en 1992, et mère du fils aîné, Franck. Aujourd’hui âgé de 55 ans, il apparaît comme le principal rival de sa belle-mère dans la bataille de la succession. Pendant le long séjour présidentiel en Suisse, croit savoir Libération, les deux factions familiales ont tenté d’avancer leurs pions pour s’approprier le graal de la vice-présidence. Face à ces joutes implacables entre les rivaux de l’entourage, les Camerounais semblent désabusés.
« Les clans s’égalisent en capacité de nuisance. On navigue dans le flou. Et le régime tient grâce à la corruption à tous les étages. Et à une forte répression », souligne toujours dans les colonnes de Libération, Haman Mana, journaliste camerounais qui vit en exil aux États-Unis, qui dit redouter un scénario de chaos, semblable à ce qui se passe à Haïti.









