Actualités of Friday, 28 August 2026

Source: www.camerounweb.com

URGENT – La mafia sicilienne prend en otage la gendarmerie : Le chef du cartel livré à Paul Biya

La figure centrale est le chef d'escadron Bissé Vladmir La figure centrale est le chef d'escadron Bissé Vladmir

Le Capitaine Effoudou a encore frappé fort sur le plateau de Fauteuil Rouge avec le journaliste Morgan Palmer. Cette fois, c'est la Gendarmerie Nationale qui passe à la casserole. Il révèle l'existence d'une véritable mafia interne, calquée sur le modèle sicilien ! Cette mafia surnommée la Cosa Nostra serait dirigée par le chef d'escadron Bissé.

Ci-dessous, l'intégralité des confidences du Capitaine Effoudou

La gendarmerie Camerounaise actuelle est constituée au sommet de la chaîne par des bandits.

À ce point ?

Bah oui, je vous ai parlé de l'amiral Fouda. Il a des adeptes à la gendarmerie. Notamment le commandant, le chef d'escadron Bissé Vladimir.

Dont vous avez déjà parlé ?

Tout à fait. Le lieutenant-colonel Biallo et d'autres qui sont à la tête aujourd'hui d'importants cartels, d'organisations mafieuses au sein de la gendarmerie.

Et c'est quoi ces cartels ?

Le chef d'escadron Bissé a essayé de copier ce qui se passait avec le cartel de la mafia Sicilienne. D'ailleurs même, il a une association en groupe dénommée la Cosa Nostra.

Ah bon ?

Bah oui. Il se fait appeler le parrain de la Cosa Nostra. Vous vous rendez compte ? Donc c'est un groupe informel qui existe au sein de la gendarmerie ? Oui, qui regroupe de jeunes officiers et même de certains officiers d'un certain rang.

Et quel est le fondement existentiel de ce groupe-là ?

C'est la rente. Exactement comme une mafia. C'est-à-dire que le fonctionnement de la mafia, vous la reprenez au sein de la gendarmerie aujourd'hui. Et donc, ce chef d'escadron Bissé Vladmir se fait appeler le parrain de la Cosa Nostra. Et vous savez ce que la Cosa Nostra a créé comme dégâts en Italie dans ces années où la mafia régnait en grand maître. Et donc, c'est aujourd'hui ce qui se passe au sein de la gendarmerie nationale. La gendarmerie nationale est prise en otage par une mafia dont la figure centrale est le chef d'escadron Bissé Vladmir qui est le secrétaire particulier.

Alors, quels sont les méfaits de cette mafia, par exemple, pour que les téléspectateurs de Masterclass qui nous regardent comprennent très bien ? Je voudrais bien comprendre la nocivité de ce groupe-là et elle est matérialisée par quoi ?

Par l'extorsion de fonds, d'abord chez les gendarmes. L'extorsion de fonds, les abus multiformes que vous entendez ici et là à la gendarmerie. L'image écornée, l'image négative qu'a la gendarmerie aujourd'hui est l'œuvre de cette mafia-là.

Qu'est-ce qu'ils font, concrètement ?

Permettez-moi de prendre mon carnet et je vais vous démontrer. Alors, vous savez, M. Palmer, la gendarmerie nationale, en termes d'unité, ça va permettre aux Camerounais de prendre leur calculatrice et de voir ce que ça fait. Vous savez, M. Palmer, la gendarmerie nationale a à peu près 445 brigades sans les postes de gendarmerie. Donc, c'est en dehors des postes de gendarmerie. Il y a à peu près 15 brigades de recherche, mais aussi pelotons motorisés sur l'ensemble du territoire national. Vous savez ce qui se passe avec cette mafia ?

Non.

Cette mafia, dont M. Bissé Vladimir est le parrain, pour faire affecter un gendarme dans un peloton motorisé, c'est-à-dire pour faire une affectation d'un peloton à un autre, M. Bissé Vladimir prend 5 millions de francs CFA.

Et pourquoi autant d'argent ?

C'est l'argent de la corruption.

Et pourquoi quelqu'un paierait 5 millions pour être affecté ?

Parce que ça lui permettrait de pouvoir se faire plaire les poches. C'est pour ça que vous comprenez les abus qu'il y a sur les Camerounais. Donc, on reprend l'affectation d'un gendarme. Dans un peloton motorisé à un autre, c'est-à-dire si vous êtes, par exemple, un élément du peloton motorisé de Yaoundé, et vous voulez peut-être aller à Douala, vous allez déposer chez ce parrain de cette mafia 5 millions de francs.

Pourquoi ? Parce qu'à Douala, le potentiel d'affaires est plus élevé ?

Ça, c'est le tarif. C'est le tarif, quel qu'en soit le peloton motorisé, c'est 5 millions de francs. Et dites-vous bien que par peloton motorisé, je vais dire à peu près, vous allez prendre peut-être par peloton, s'il y a 5 éléments, 5 gendarmes, vous faites ça par 26. 5 x 26 x 5 millions.

Que tous ces gens payent pour avoir des postes juteux ?

Et s'il faudrait faire des mutations de gendarmes par peloton motorisé ? Les pelotons motorisés sont des pelotons de la gendarmerie qui contrôlent les axes routiers.

Ah, donc affectés à la surveillance routière.

Tout à fait.

Donc pour être affecté à la surveillance routière, il faut payer 5 millions de francs ?

Pour être nommé commandant de peloton motorisé dans les 16 unités de la gendarmerie en charge de la surveillance routière, il faut payer 20 millions de francs. Donc vous faites 20 x 26.

Et le parrain de cette organisation, c'est ?

Le chef d'escadron Bissé Vladimir.

Il ne prend pas d'ordre de quelqu'un d'autre ?

Non, non, non. D'ailleurs, il se dit être le secrétaire d'État à la gendarmerie. Et que son beau-frère, qui est le secrétaire d'État nommé par décret présidentiel, n'est qu'un figurant.

Parce qu'il est le beau-frère du secrétaire d'État à la gendarmerie ?

Oui. Donc il dit que c'est lui le secrétaire d'État et que M. Etoga Gallax, qui a été nommé par décret présidentiel, n'est qu'un figurant.
Donc à la gendarmerie, pour être affecté à une brigade routière, dans une brigade routière, vous payez 5 millions de francs.

Oui.

Et c'est fois autant de brigades qu'il y a dans l'ensemble du pays.

Voilà, autant de pelotons, parce que le peloton routier, c'est l'équivalent de la brigade sur le plan de la gendarmerie routière.

Alors comment ils rentabilisent cet investissement, si on peut appeler ça comme ça ?

Non, je n'ai pas fini, M. Palme. Alors je vous ai dit, pour être nommé commandant de peloton, il faut donner 20 millions. Et puis, pour être nommé commandant de brigade, c'est-à-dire les brigades de gendarmerie, vous savez ce que c'est qu'une brigade de gendarmerie, je vous ai dit que sur l'ensemble du territoire, il y a à peu près 445.

Donc pour être nommé commandant de brigade, il faut débourser 5 millions. Donc vous faites 5 millions fois 445. Pour être nommé commandant de brigade de recherche, sur l'ensemble du territoire national, il y a à peu près 15 brigades de recherche. Il faut débourser 10 millions. Donc vous faites 10 fois 15. Ce n'est pas fini. Vous savez qu'aujourd'hui pour aller en stage à la gendarmerie, il faut débourser à peu près 500 000 francs par stagiaire. Et lui, il s'intéresse à partir des certificats d'aptitude technique numéro 2 et 3. Et vous savez par contingent, c'est à peu près 300 à 400 gendarmes par contingent. Et dites-vous bien que pour accéder à ces stages, il faut payer à peu près 500 000 francs.

Donc vous faites 500 000 fois 300 ou fois 400. Et puis cette mafia-là a paralysé même le fonctionnement de la gendarmerie. Vous voyez les pelotons routiers, par exemple, je m'attaque dessus. Les pelotons routiers motorisés de Yaoundé, Douala ville, Bonabéri, Ngaoundéré et Bertoua sont commandés par les mêmes personnes depuis 2019.

Et comment ils font pour se maintenir ?

Par ce processus. Oui, par ce processus. Et en fait, il y a un jeu de chaises qui s'opère. Celui qui a Yaoundé va à Bertoua, celui qui a Bertoua va à Douala et ainsi de suite. Mais ça reste les mêmes.

Comment ils rentabilisent une fois qu'ils ont payé 5 millions de francs ? Ils doivent quand même être une somme énorme pour un gendarme. Ce n'est pas avec son salaire qu'on paye 5 millions de francs.

C'est à travers les abus, tout simplement. Quand vous allez, par exemple, vous plaindre dans une unité, on vous dit qu'il faut donner tel ou tel, tel. Mais ça ne participe pas à ça, parce qu'il faut se constituer un petit pactole lorsqu'il faudrait se faire affecter ou bien se faire nommer.
Il faudrait un petit pactole à aller déposer chez le parrain de la mafia.

Comme on n'est plus en Etat de droit, le capitaine Effudo.

Du moins au niveau de la gendarmerie, je vous ai dit, c'est tout un cartel.

Est-ce qu'il est au courant de ça, le patron de la gendarmerie, le secrétaire d'État à la Défense ?

Peut-être oui, peut-être non.

Parce qu'en même temps, on a entendu parler de grandes campagnes de moralisation de la vie dans la gendarmerie, d'assainissement. On a entendu parler des choses comme ça.

Vous savez…

Ou c'est pour faire jojo. Donc en clair, ce n'est pas la gendarmerie qu'il faut aller au Cameroun si on a besoin d'un peu de justice ?

Non. Je vous ai dit, prenez la gendarmerie depuis 2018 à ce jour. Comment est-ce que la gendarmerie est perçue dans l'imaginaire populaire ? Et puis M. Bissé est à l'origine de beaucoup de frustrations, même chez les officiers. Vous savez, les officiers aujourd'hui n'ont plus droit à un avancement normal. Vous voyez, quand la direction des personnels finit de faire un certain nombre de travaux, avec tous les avis favorables, quand ça arrive au cabinet du secrétaire d'État, M. Bissé s'accapare de ses textes et les remixe à sa façon, au gré de qui est membre de son cartel ou de qui ne l'est pas.

Donc très sincèrement, je voudrais appeler très respectueusement l'attention de M. le Président de la République qu'une partie de son armée est transformée en cartel de la mafia. Qui se fait appeler Cosa Nostra. M. le Président de la République, très respectueusement, ouvrez une enquête. Si ce que j'ai dit est faux, demandez à n'importe quel service de sécurité, sauf la DGRE, M. le Président.

Ne demandez pas la DGRE parce que vous n'aurez pas de bons comptes rendus. Quels qu'en soient les moyens qui sont les vôtres, demandez des enquêtes et on vous dira.

Et donc du coup, les officiers qui n'ont pas les moyens de payer 5 ou 20 millions de francs, ils sont ostracisés à vie.

Voilà, ils sont reclus chacun. Et puis, M. Bissé, ce commandant bandit-là, à l'image de l'amiral Fouda, vous savez qu'il va jusqu'à affronter les officiers généraux. Il a fait des rapports.

Du haut de son grade de commandant.

Contre des officiers généraux. C'est incroyable, M. Palmer. C'est totalement incroyable. C'est totalement incroyable qu'un chef d'escadron, un commandant, puisse s'asseoir sur des dossiers concernant des officiers généraux à l'être étant de ci ou de ça. Ce que je dis, ce que je suis en train de dire, ces officiers généraux issus de la gendarmerie nationale savent de quoi je parle. Je n'ai pas envie de les citer.

Et pourquoi ils ne disent rien ?

C'est la vieille école. Ils sont de la vieille école. C'est des gens qui...

Un peu couilles molles ?

Non, je ne devrais pas dire couilles molles. En général, je ne peux pas vous permettre de le dire. En général, il n'y a pas de couilles molles. C'est l'ancienne école, c'est-à-dire...

Ils n'ont plus de capacité.

Ils n'ont plus de capacité d'indignation ? Non, ils s'encaissent. Ils savent encaisser. Ils savent encaisser, ils s'encaissent. Mais moi, je le dis. Moi, j'ai décidé de parler. Je vous ai dit que j'ai décidé de parler à mon âme et conscience. Donc, ce que je dis, c'est ce qui est. Je ne parle pas conditionnel. Je vous dis que ce que j'ai dit, c'est ce qui est.

Donc, ils s'encaissent, tout simplement, en attendant l'arbitrage du président de la République. Et moi, je venais tout à l'heure d'appeler la très haute attention du chef de l'État pour lui dire que, monsieur le président, vraiment, votre gendarmerie, une partie de votre armée est transformée en cartel de la mafia sicilienne, la causa nostras.

Donc, vous avez l'esprit de la causa nostras à la gendarmerie, monsieur le président. Et puis, monsieur Palmer, cette situation a un peu duré. Je vous ai toujours dit, depuis ma prise de parole, que nous ne sommes pas très loin du point de rupture. Nous ne sommes pas très loin du point de rupture. Ceux qui ont des oreilles pour entendre, qu'ils entendent. Nous ne sommes pas très loin du point de rupture.

Ce que vous venez de nous dire, capitaine Effoudou, concernant la gendarmerie, appelle un vaste coup de balai, quand même. Il faut peut-être qu'il se bouge, finalement. A moins qu'il ne soit le parrain de cette mafia.

Monsieur Palmer, je ne peux pas vous laisser dire ça. Le chef de l'État, le chef des forces armées, ne peut pas être complice ou être affilié à ce genre de mafia, non. Je vous ai dit, monsieur Palmer, aujourd'hui que la gendarmerie nationale et un ensemble de services de sécurité sont contrôlés par monsieur Ferdinand Ngoh Ngoh.

Et donc, que voulez-vous ? Que le président de la République ait comme informations. Qu'est-ce que vous voulez ? Il n'aura aucune information dans le sens de la dénonciation. Non, ce n'est pas possible.