Trop souvent, la gendarmerie échange le dialogue contre le coup de poing. Lors des contrôles routiers quotidiens, les éléments en tenue n’hésitent pas à utiliser la force physique sur des civils, un phénomène devenu une réalité préoccupante.
Vous êtes prévenus, face à un homme de la gendarmerie, vous n’avez pas droit à la parole. Même si vous êtes dans votre droit, il n’y a pas de place pour une explication.
Qu’il s’agisse d’une simple contestation ou d’un malentendu verbal, le recours aux gifles et aux violences corporelles par les forces de l’ordre défraie régulièrement la chronique, surtout dans les grandes villes pays, ce qui dénote une crise profonde de la relation de confiance entre les gens en uniforme et les citoyens.
La tenue est-elle au-dessus des lois ? C’est ce qu’on peut se demander. Ces dernières heures, un conducteur de moto a été giflé par un jeune gendarme à Yassa (Douala). Pourtant, le bensikineur, comme on les appelle, était très calme et ne constituait en aucune sorte une menace.
La séquence vidéo où la jeune recrue porte la main sur le conducteur de moto est bien disponible et peut servir de preuve lorsque la hiérarchie voudra se pencher sur la question, encore que ce n’est pas sûr qu’elle le fasse pour ne pas "nuire" au gendarme. Actuellement, ce jeune fonctionnaire est insulté sur les réseaux sociaux. Son visage circule partout, se faisant mépriser avec des internautes qui demandent qu’il soit renvoyé de la gendarmerie.
Pour la société civile, dont certains membres ont été interrogés, cette fâcheuse habitude de porter la main sur des citoyens, parfois dans leur raison, s’enracine dans un système plus vaste où la force brute sert souvent à intimider pour avoir raison
L’impunité perçue alimente ce cycle de prédation, une nouvelle balle vient d’être envoyée dans le camp du gouvernement. On verra comme il la jouera.









