Infos Sports of Wednesday, 26 August 2026

Source: www.camerounweb.com

Présidence de la FIFA: Jean Crepin Nyamsi en veut sérieusement à Samuel Eto’o

Le camerounais dénonce l’absence de soutien de son propre pays Le camerounais dénonce l’absence de soutien de son propre pays

La course à la présidence de la FIFA en 2027 est marquée au Cameroun par une divergence entre le candidat camerounais Jean Crépin Soter Nyamsi et Samuel Eto’o. Nyamsi affirme avoir sollicité depuis mai 2026 le soutien officiel des autorités camerounaises, sans avoir reçu de réponse, tandis qu’Eto’o a publiquement apporté son soutien à Gianni Infantino, candidat à sa propre succession.

La bataille pour la présidence de la FIFA en 2027 prend une tournure particulière au Cameroun. Alors que le Dr Jean Crépin Soter Nyamsi, candidat camerounais déclaré, affirme avoir officiellement sollicité le soutien des autorités de son pays, le président de la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT), Samuel Eto’o, vient publiquement de prendre position en faveur du président sortant Gianni Infantino.

Dans un communiqué daté du 25 août 2026, l’équipe de campagne de Jean Crépin Soter Nyamsi dit avoir pris acte de cette position et déplore le silence des institutions camerounaises auxquelles le candidat affirme avoir écrit depuis plusieurs mois.

Selon le document, Nyamsi a officiellement saisi, le 28 mai 2026, la présidence de la République, le ministère des Sports et de l’Éducation physique ainsi que la FECAFOOT afin de solliciter le parrainage du Cameroun dans la perspective de l’élection présidentielle de la FIFA prévue en mars 2027.

Trois mois plus tard, son équipe affirme être toujours dans l’attente de réponses officielles.

Eto’o apporte publiquement son soutien à Infantino

La situation a pris une nouvelle dimension après une interview accordée par Samuel Eto’o à CNN. Le président de la FECAFOOT y a ouvertement défendu Gianni Infantino, candidat à sa propre succession en 2027.

Cette prise de position est confirmée par plusieurs médias internationaux. Samuel Eto’o estime notamment qu’Infantino a contribué au développement accéléré du football africain et permis à davantage de nations d’accéder aux grandes compétitions internationales. Il considère également que la contestation actuelle contre le dirigeant de la FIFA intervient dans un contexte largement influencé par la prochaine élection. (Reuters⁠)

Cette déclaration intervient alors que Gianni Infantino traverse une période particulièrement délicate. Plusieurs acteurs du football mondial contestent désormais ouvertement sa gouvernance. Des anciens joueurs et joueuses de premier plan ont notamment appelé à un changement à la tête de la FIFA, tandis que certaines confédérations et fédérations ont exprimé leurs réserves à son égard. (The Guardian⁠)

La FIFA a, de son côté, dénoncé début août ce qu’elle considère comme une tentative concertée visant à affaiblir son président et a rappelé que toute contestation de son mandat devait respecter les procédures démocratiques prévues par ses statuts. (FIFA Legal⁠)

Infantino, au pouvoir depuis dix ans

Gianni Infantino dirige la FIFA depuis février 2016. Il a ensuite été réélu en 2019 puis en mars 2023. Le 1er mai dernier, devant le 76e Congrès de la FIFA à Vancouver, il a officiellement annoncé qu’il serait candidat à sa propre succession en 2027. (Inside FIFA⁠)

Son bilan constitue précisément l’un des principaux arguments de ses soutiens. Selon la FIFA, environ 5 milliards de dollars ont été investis dans le développement du football à travers le programme FIFA Forward au cours de la dernière décennie. Pour le prochain cycle 2027-2031, l’enveloppe annoncée doit atteindre 2,7 milliards de dollars, soit une augmentation de 20 %. (Inside FIFA⁠)

Cette politique de redistribution constitue un argument particulièrement important auprès des petites et moyennes fédérations, notamment africaines.

La Confédération africaine de football (CAF) a d’ailleurs déjà exprimé son soutien à Infantino. Une position que Jean Crépin Soter Nyamsi conteste, estimant qu’une déclaration de soutien du comité exécutif de la CAF ne peut se substituer au vote individuel des fédérations lors du congrès électif. (AFRIK’SPORTSMAGAZINE⁠)

Nyamsi : « Le soutien du Cameroun constituait un préalable moral »

C’est précisément dans ce contexte que le communiqué du candidat camerounais prend une dimension politique.

Jean Crépin Soter Nyamsi affirme que demander d’abord le soutien du Cameroun relevait pour lui d’une exigence « morale et patriotique ». Un parrainage de son pays devait, selon lui, apporter une légitimité supplémentaire à son projet baptisé « FIFA Révolution », centré sur la transparence, le développement des infrastructures et le renforcement du football africain et mondial.

Le candidat dit désormais « prendre acte » de ce qu’il qualifie de « posture passive » des institutions camerounaises.
Mais il affirme ne pas renoncer.

La bataille des cinq parrainages

L’enjeu est également réglementaire. Pour pouvoir effectivement participer à l’élection présidentielle, un candidat doit satisfaire aux conditions prévues par les statuts et le règlement électoral de la FIFA, notamment obtenir le soutien formel d’associations membres.

Dans son communiqué, l’équipe Nyamsi indique rechercher les cinq parrainages nécessaires auprès d’autres fédérations africaines et internationales.

Cette étape sera déterminante : une déclaration de candidature ne suffit pas à garantir la présence d’un prétendant sur le bulletin de vote final.

Le Cameroun pourrait donc se retrouver dans une situation politiquement singulière : voir l’un de ses ressortissants tenter d’accéder à la fonction la plus importante du football mondial tandis que le président de sa propre fédération nationale apporte publiquement son soutien à son principal adversaire.

Un choix qui dépasse désormais le duel Nyamsi-Infantino

La prise de position de Samuel Eto’o intervient enfin dans une bataille internationale beaucoup plus large autour de l’avenir de Gianni Infantino.

Le président de la FIFA reste un candidat extrêmement puissant grâce au poids des 211 associations membres et au soutien d’une partie importante du football africain. Mais, contrairement aux précédentes élections, sa reconduction apparaît désormais contestée. Des oppositions émergent en Europe, en Asie, en Concacaf et jusque dans certaines fédérations africaines. (Reuters⁠)

C’est dans cette recomposition que Jean Crépin Soter Nyamsi tente de faire exister sa candidature.

Boris Bertolt