Le président de la République, Paul Biya, a reçu ces dernières heures au palais de l'unité les Lionnes indomptables, récemment gagnantes de la Coupe d'Afrique des nations. La cérémonie officielle a été marquée par le plaisir des joueuses dont la plupart rencontraient pour la première fois le chef de l'État. À côté de cela, d'autres points négatifs ou inquiétants ont marqué la séance.
La fragilité physique et cognitive extrême du chef de l'État n'a pas échappé aux yeux, par exemple. C'était tellement visible que le sacre sportif fut relégué au second plan. Les rumeurs, avant le retour pompeux de Paul Biya, disaient qu'il n'allait toujours pas bien et que son état s'est juste un peu amélioré à la suite des nombreuses opérations qu'il a subies en Suisse. Il faut croire que oui, après les images et les confidences que nous avons obtenues.
Les joueuses de l'équipe nationale féminine de football ont été honorées pour leur triomphe à la CAN. On leur a remis des médailles honorant leurs actes de bravoure et on leur a promis une maison chacune, récompensant ainsi leur sens de sacrifice et de détermination tout au long de la compétition et bien avant. C'est la première fois que les Lionnes indomptables sont sacrées championnes d'Afrique, c'est dire la prouesse réalisée.
Cependant, l'attention générale s'est rapidement détournée de l'exploit sportif pour se focaliser sur l'état de santé alarmant du président. Les images diffusées témoignent justement d'une lourdeur protocolaire, des facultés physiques et cognitives visiblement altérées, mettant en évidence le poids des années et de la maladie sur le chef de l'État.
Une source, qui a préféré garder l'anonymat, raconte qu'elle a eu accès à des confidences de l'une des joueuses qui ont visité le palais et ses occupants. L'athlète lui aurait fait savoir que face à Paul Biya, ce dernier donnait l'impression d'être étourdi, perdu et ne sachant pas quoi dire ou faire par moments.
Il « se contentait seulement de dire à nous toutes bravo et même ça avec énormément de peine » et à la suivante, aurait confié la joueuse. Le locataire des lieux donnait l'impression de délirer par moments, à en croire la même source. Il se faisait aider constamment par son chef du protocole qui veillait scrupuleusement au grain et observait tous les détails. C'était comme si la cérémonie pouvait être arrêtée à tout moment s'il y avait le moindre signe, aussi minime soit-il, que Paul Biya s'affaiblissait. Tout le monde surplace était alerte.
Cette apparition publique relance inévitablement les débats au pays et à l'international sur la capacité de Paul Biya à continuer de diriger le pays. L'état d'épuisement manifeste du président accentue les inquiétudes autour de la transition politique, alors que les coulisses du pouvoir s'activent de plus en plus pour prendre une décision qui devient de plus en plus évidente.









