Actualités of Friday, 21 August 2026

Source: www.camerounweb.com

Fin du régime RDPC : Paul Biya sur les traces de Félix Houphouët-Boigny

Le retour du « Vieux » s'était déroulé dans une grande discrétion Le retour du « Vieux » s'était déroulé dans une grande discrétion

Le retour de Paul Biya au Cameroun après 74 jours d’absence et celui de Félix Houphouët-Boigny en Côte d’Ivoire en 1993, après plusieurs mois d’hospitalisation à Paris, sont caractérisés par une certaine discrétion.

Après 74 jours passés hors du Cameroun pour des raisons médicales, Paul Biya a regagné le pays. Ce retour, entouré d'une grande discrétion, rappelle par certains aspects celui de Félix Houphouët-Boigny, rentré en Côte d'Ivoire en novembre 1993 après plusieurs mois d'hospitalisation à Paris.

À l'époque, l'absence prolongée du président ivoirien avait alimenté de nombreuses spéculations sur son état de santé et sur l'avenir politique du pays. Aucune explication officielle n'avait été donnée concernant sa nouvelle hospitalisation, survenue le 9 octobre 1993, quelques mois après une intervention chirurgicale pour un cancer de la prostate.

Le retour du « Vieux », comme l'appelaient affectueusement ses compatriotes, s'était déroulé dans une grande discrétion. Les rares journalistes présents avaient été refoulés, tandis que le président avait regagné sa résidence à bord d'une ambulance. Quelques semaines plus tard, le 7 décembre 1993, Félix Houphouët-Boigny décédait à Yamoussoukro, des suites de sa maladie.

Son décès avait ouvert une période de succession délicate en Côte d'Ivoire. Considéré comme le père de l'indépendance et l'incarnation de l'État ivoirien, Houphouët-Boigny avait longtemps confondu son destin personnel avec celui de la nation. Sa disparition avait ainsi marqué la fin d'une époque et provoqué de nombreuses interrogations sur la continuité du pouvoir.

Le retour de Paul Biya, après plus de deux mois d'absence, ravive aujourd'hui des interrogatoires similaires au Cameroun. Si les autorités n'ont pas évoqué une situation comparable à celle de l'ancien président ivoirien, la durée de l'absence présidentielle et la faible communication autour de son état de santé nourrissent les débats sur la gouvernance du pays et la préparation de l'avenir politique.

Comme en Côte d'Ivoire en 1993, l'absence prolongée de Paul Biya dépasse désormais la seule question médicale. Elle renvoie à la stabilité des institutions, à la transparence du pouvoir et à la succession à la tête du pays. Le temps dira si ce retour ne constitue qu'une parenthèse ou s'il marque le début d'une nouvelle étape dans l'histoire politique du Cameroun.

Daniel Essissima