Le retour de Paul Biya doit permettre de rassurer l’opinion et de remobiliser l’appareil politique à l’approche des prochaines échéances électorales. Les principales interrogations demeurent : état de santé du président, décisions prises durant son absence, fonctionnement de l’État et perspectives politiques. Le retour de Biya ne devrait donc pas se limiter à une apparition publique, mais être suivi d’une parole claire et d’actions concrètes.
BIYA DE RETOUR APRES 70 JOURS : FIN DU SUSPENSE OU DEBUT D'UN AUTRE ?
Après plus de 70 jours hors du Cameroun, le Président Paul Biya est annoncé ce jeudi à Yaoundé. 70 jours. C'est long. Trop long dans un contexte où chaque silence devient un communiqué.
Pendant son absence, le pays a vécu au rythme des rumeurs.
"Il est malade". "Il est à Genève". "Qui tient le pays ?"
Les réseaux sociaux ont tourné à vide. L'opposition a spéculé. Le RDPC a rassuré. Le gouvernement a fait comme si de rien n'était.
Dans un pays normal, 70 jours d'absence du Chef de l'Etat ce n'est pas rien. Au Cameroun en 2026, avec une élection législative et municipale qui approche, 70 jours c'est une éternité politique.
QUE FAUT-IL LIRE DANS CE RETOUR ?
Premier message : Le pouvoir est toujours là.
Revenir au pays, c'est couper court aux rumeurs de vide, de vacance, de transition. C'est dire "je suis aux commandes". Même symboliquement, l'image du Président qui foule le sol de Nsimalen vaut 1000 communiqués.
Deuxième message : La campagne démarre.
On ne rentre pas 70 jours après pour aller se reposer. On rentre pour reprendre la main. Réunions, nominations, arbitrages, discours. Le calendrier politique va s'accélérer. Le RDPC a besoin de son champion visible.
Troisième message : Rassurer l'appareil.
Pendant 70 jours, les barons, les DG, les ministres tournent sans boussole. Le retour c'est pour recadrer, donner les consignes, et éviter que chacun joue sa partition.
Le retour règle le problème de l'image, pas celui du fond.
L'état de santé: Les camerounais veulent voir, pas seulement entendre. Un conseil des ministres, une sortie publique, une poignée de main. La transparence tuera les rumeurs.
La gouvernance : Qui a signé quoi pendant 70 jours ? Quelles décisions ont été prises ? Le pays a-t-il été en pilotage automatique ?
Ce retour est-il celui d'un candidat ou celui d'un arbitre qui organise la succession ? C'est la vraie question que tout le monde se pose mais que personne ne pose. Soyons sérieux un instant
Au Cameroun on ne gère pas l'absence d'un Président comme ailleurs. On la subit.
Pendant 70 jours on a vu que l'Etat peut tourner sans lui, mais que la politique ne peut pas.
Ce retour ne doit pas être juste un atterrissage. Il doit être le début d'une parole claire.
Aux jeunes, il s'agit de leur avenir ?
Aux militants il s'agit de quelle direction prendre pour 2027 ?
Au pays, quel projet pour les 7 prochaines années ?
Gouverner c'est aussi expliquer. C'est aussi rassurer par la présence et par le projet.
Bienvenue au Président.
Maintenant place au travail. Le Cameroun a besoin de réponses, pas seulement de présences.
Un pays ne se dirige pas par communiqué. Il se dirige par les actes.
Thierry BIASSI









