Selon le lanceur d’alerte Boris Bertolt, le cortège du président camerounais ainsi qu’une partie de la délégation qui l’accompagne auraient rejoint l’aéroport de Genève. « L’embarquement de Paul Biya à bord d’un jet privé à destination de Yaoundé est en cours », affirme-t-il.
À Yaoundé, les préparatifs semblent également s’accélérer. Le protocole d’État se mobilise pour accueillir le couple présidentiel, tandis que les forces de l’ordre ont été déployées le long de l’itinéraire prévu pour le cortège présidentiel.
De son côté, la CRTV aurait mobilisé plus de 200 agents afin d’assurer la couverture médiatique et la retransmission de l’arrivée du président au palais d’Etoudi. Un document daté du 19 août 2026, présenté comme émanant de la CRTV, désigne les équipes chargées de la production et de la retransmission en direct du retour du Chef de l’État à l’aéroport international de Yaoundé-Nsimalen.
Parti le 7 juin pour un « court séjour privé » en Europe, le président camerounais, âgé de 93 ans, n’a pas réapparu publiquement depuis, alimentant rumeurs et spéculations sur son état de santé et sur une éventuelle vacance du pouvoir.
Le gouvernement, par la voix du ministre de la Communication René Emmanuel Sadi, a tenté de rassurer en affirmant que le chef de l’État « est en vie » et « n’a pas démissionné », mais l’absence d’images et de discours a renforcé le doute.
Durant ce séjour prolongé, Paul Biya a continué de gouverner à distance, signant des décrets, promouvant des généraux et concluant des accords financiers, une stratégie de communication qui illustre la volonté de montrer la continuité du pouvoir malgré l’absence physique.
Le timing de son retour est hautement symbolique, il coïncide avec la victoire historique des Lionnes Indomptables à la Coupe d’Afrique des nations féminine, un sacre qui offre au président l’occasion de réapparaître aux côtés des championnes et de renouer avec la population dans un moment de fierté nationale.
Mais au-delà de l’événement sportif, ce retour soulève des enjeux politiques majeurs, l’avenir institutionnel du pays, la vacance du poste de vice-président, le retard dans la formation du nouveau gouvernement et surtout la question de la capacité d’un président nonagénaire à assumer pleinement ses fonctions. Après plus de 43 ans au pouvoir, Paul Biya reste une figure incontournable, mais son absence prolongée a révélé les fragilités du système.
Jeudi 20 août, à 18 heures à Yaoundé, l’atterrissage de son avion à Nsimalen marquera la fin d’une séquence d’incertitude et l’ouverture d’un nouveau chapitre politique pour le Cameroun, où l’interrogation centrale demeure, ce retour est-il un signe de continuité ou le prélude à une transition inévitable ?









