Le pire peut être redouté. Les personnes qui s'activent pour que le Virus de l'immunodéficience humaine (VIH) ne se propage pas dans le pays sont furax. L'avenir des citoyens est « donc menacé », prévient-on.
Dans l'Adamaoua, des acteurs de la lutte contre le VIH menacent et ils sont prêts à mettre leurs menaces à exécution. Entre autres réclamations, ils veulent que les huit mois passés sans salaire soient payés, comme l'explique Boris Bertolt.
Une situation préoccupante secoue actuellement le secteur de la santé dans la région de l'Adamaoua. Des accompagnateurs psychosociaux, des agents chargés du remplissage des registres et des mothers mentors affirment ne plus percevoir leurs salaires depuis huit mois.
Ces professionnels interviennent pourtant au cœur de la prise en charge des personnes vivant avec le VIH. Leur mission consiste notamment à accompagner les patients, à assurer le suivi des dossiers, à participer à la collecte des données médicales et à renforcer l'adhésion aux traitements.
Selon plusieurs témoignages, l'absence de rémunération plonge aujourd'hui de nombreuses familles dans une situation particulièrement difficile. « Nous sommes à huit mois sans salaire et, à quelques semaines de la rentrée scolaire, rien n'a encore été fait », déplore l'un des agents concernés.
Au-delà des difficultés financières, les conséquences sociales sont importantes. Plusieurs travailleurs affirment être confrontés à des menaces d'expulsion en raison de loyers impayés, tandis que d'autres peinent à subvenir aux besoins essentiels de leur famille.
Cette situation est d'autant plus préoccupante que ces professionnels constituent un maillon essentiel de la lutte contre le VIH. Leur travail contribue à l'accompagnement psychologique des patients, au suivi des traitements et à la prévention des abandons thérapeutiques.
À l'approche de la rentrée scolaire, l'inquiétude grandit parmi ces agents, qui redoutent de ne pas pouvoir assurer les dépenses liées à la scolarisation de leurs enfants. Face à cette crise, ils lancent un appel aux autorités sanitaires, aux responsables des programmes concernés et aux partenaires techniques et financiers afin qu'une solution rapide soit trouvée.
À ce stade, aucune communication officielle n'a été rendue publique concernant les raisons de ces retards de paiement. Les agents espèrent désormais que leur situation sera examinée dans les meilleurs délais afin d'éviter que cette crise sociale ne fragilise davantage les dispositifs de prise en charge des personnes vivant avec le VIH dans la région de l'Adamaoua.
NDLR, en effet, assure un des hommes concernés que nous avons touché et qui souhaite garder l'anonymat, « il viendra un moment où nous ne travaillerons plus et vous pouvez imaginer que le virus pourra facilement se propager dans la population ». C'est un sérieux avertissement pour le gouvernement, peut-on constater.









