Actualités of Wednesday, 19 August 2026

Source: www.camerounweb.com

ÉPERVIER : Révèle du magazine Africa Intelligence sur un détournement de plus de 115 milliards à la SNH

Cz sont des révélations du magazine Africa Intelligence Cz sont des révélations du magazine Africa Intelligence

Le magazine Africa Intelligence révèle, dans une enquête publiée le 19 août 2026, plusieurs irrégularités présumées dans la gouvernance et la gestion financière de la Société nationale des hydrocarbures (SNH). L’audit cité évoque notamment l’absence d’assemblées générales depuis sa transformation en société anonyme, des investissements non comptabilisés, des opérations financières controversées, des réserves sur les provisions de retraite et le dossier Savannah Energy, ainsi que des dysfonctionnements au sein du conseil d’administration.

La gouvernance de la Société nationale des hydrocarbures (SNH) est au cœur d’une nouvelle controverse. Dans une enquête publiée le 19 août 2026, le média spécialisé Africa Intelligence révèle une série d’anomalies financières, comptables et administratives qui fragiliseraient l’entreprise publique chargée de la gestion des intérêts pétroliers de l’État camerounais.

Selon les informations rapportées par Africa Intelligence, la SNH n’aurait tenu aucune assemblée générale depuis sa transformation en société anonyme, il y a six ans, alors même que cette obligation est prévue par les règles de l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (OHADA). L’État camerounais, actionnaire unique de l’entreprise, n’aurait donc jamais procédé à l’approbation formelle des comptes de la société durant cette période.

L’enquête met également en lumière le dossier du projet Cstar Tank Farm Project Management, une société de droit émirien créée pour développer une raffinerie modulaire et deux dépôts pétroliers dans le port de Kribi. Selon le rapport d’audit cité par Africa Intelligence, la SNH aurait investi 20,5 millions de dollars, soit environ 12 milliards de FCFA, pour acquérir 20 % du capital de cette société. Pourtant, cette participation n’apparaîtrait pas dans les états financiers de l’entreprise publique.

L’auditeur estime que cette omission se traduit par une sous-évaluation des immobilisations financières de 5,57 milliards de FCFA dans le bilan de la société. La direction de la SNH conteste toutefois cette interprétation et soutient que cette opération relève du mandat de l’État et non des activités propres de l’entreprise.

L’enquête évoque également le transfert de 200 millions de dollars, soit plus de 115 milliards de FCFA, vers un compte domicilié à Dubaï et appartenant à Cstar. Cette opération est actuellement examinée par la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), qui aurait demandé des informations complémentaires avant d’autoriser le décaissement. Selon le média, le dossier transmis au régulateur était incomplet, notamment en ce qui concerne l’actionnariat de la société et l’approbation du conseil d’administration de la SNH.

L’audit pointe également plusieurs réserves concernant l’évaluation des indemnités de fin de carrière. D’après le rapport, l’application de la méthode retenue par l’auditeur aurait conduit la SNH à augmenter ses provisions pour pensions de 4,77 milliards de FCFA, portant leur montant total à plus de 10 milliards de FCFA. Cette correction aurait réduit le bénéfice net 2025 de 19,97 milliards de FCFA à environ 15,2 milliards de FCFA.

Autre dossier sensible : l’affaire Savannah Energy. En 2023, la SNH avait déboursé près de 27 milliards de FCFA pour acquérir 10 % supplémentaires du capital de la Cameroon Oil Transportation Company (Cotco). Trois ans plus tard, les fonds engagés n’auraient toujours pas été récupérés. La créance a été reclassée dans les comptes de l’entreprise et une provision de 10,7 milliards de FCFA, représentant 40 % des sommes engagées, a déjà été constituée.

Le rapport soulève également des interrogations sur le fonctionnement du conseil d’administration. Selon l’auditeur, un administrateur aurait continué à participer aux réunions du conseil et à percevoir des indemnités alors qu’il avait été remplacé par décret présidentiel depuis juillet 2025. Cette situation pourrait affecter la validité de certaines décisions prises durant cette période.

Enfin, le document met en avant un déficit plus large en matière de transparence. Le commissaire aux comptes affirme n’avoir jamais reçu certains documents pourtant essentiels à sa mission, notamment les rapports de gestion du conseil d’administration et les projets de résolution destinés à l’assemblée générale. Plus surprenant encore, la SNH ne disposerait toujours pas d’un registre des titres permettant d’identifier précisément la composition de son capital.

Ces révélations interviennent dans un contexte déjà marqué par des débats sur la stratégie énergétique du Cameroun et sur la gouvernance de la société publique. Jusqu’à présent, la SNH n’a pas officiellement réagi aux conclusions de cet audit précis. Il convient donc de rappeler que les éléments rapportés par Africa Intelligence reposent sur un rapport d’audit dont les conclusions pourraient faire l’objet d’explications ou de contestations de la part des responsables de l’entreprise.

Boris Bertolt