Maître Fabien Kengne est un avocat engagé aux côtés des personnes vulnérables et des détenus souvent abandonnés. Son engagement pro bono, notamment dans la défense de prisonniers politiques et de personnes poursuivies après la crise postélectorale de 2025, ainsi que son combat en faveur de détenus ayant purgé de très longues peines, est souvent salué.
Au Cameroun, nous assistons à l’effondrement des valeurs. À mesure que s'effritent les valeurs morales, une nation entière semble avoir perdu jusqu'à sa capacité d'indignation. La douleur d'autrui n'émeut plus ; la souffrance passe, indifférente, sous des regards qui se détournent.
Dans ce silence, un homme a refusé d'abdiquer. Maître Fabien Kengne a choisi son camp : celui des faibles, des oubliés, des laissés-pour-compte. Et il l'a fait gratuitement : pro bono, comme disent les avocats.
Il ne compte ni son temps, ni son énergie, ni ses moyens. Il défend ceux qui n'ont pas voix au chapitre, ceux que personne ne veut défendre, ceux qu'on oublie ou qu'on refuse de voir.
Au lendemain de la crise postélectorale de 2025 qui a secoué le pays, laissant derrière elle des morts et des milliers de personnes emprisonnées, parmi lesquelles des mineurs ; il a revêtu sa robe et sillonné le territoire. Foumban, Bafoussam, Dschang, Douala, Yaoundé, Bangangté, et tant d'autres villes encore : partout où l'on juge ceux qui avaient espéré le changement et se sont retrouvés abandonnés de tous, il est là.
Maître Fabien Kengne fait aussi partie du consortium d'avocats du MRC, qui défend depuis plusieurs années les prisonniers politiques du parti.
Ses faits d'armes parlent pour lui.
Durant la crise postélectorale, il s'est constitué sans attendre pour l'activiste André Blaise Essama Hoo Haa, lui aussi emprisonné, lui aussi abandonné, dans un dossier où ses droits ont été bafoués. Son tort ? Avoir dénoncé publiquement les violences et appelé à un deuil national après la mort de plusieurs citoyens. Ce qui lui vaut aujourd'hui d'être poursuivi devant un tribunal militaire.
C'est encore lui qui a obtenu la libération de Jean-Jacques Mbadjoun. Arrêté le 9 août 2025, déféré devant un tribunal militaire puis placé sous mandat de détention à la prison de New-Bell, à Douala, cet homme n'avait pour seule faute que des vidéos, retrouvées dans son téléphone, exprimant son soutien à l'opposant Maurice Kamto. Grâce à la maestria de Maître Kengne, il a recouvré la liberté le 23 juin 2026.
Maître Fabien Kengne défend aussi les grandes causes de son temps. Là où Robert Badinter s'est battu pour l'abolition de la peine de mort, lui a exhumé un dossier que tous avaient oublié : celui de Tsafack Fabien. Un homme qui a déjà passé 43 ans de sa vie derrière les barreaux, pour un vol aggravé avec effraction. Pour Maître Kengne, cet homme a payé sa dette à la société et bien au-delà. Plus de 43 ans pour une affaire de vol, au regard de la législation camerounaise, c'est un prix exorbitant. De quoi rouvrir le débat sur la perpétuité au Cameroun.
Dans une société où l'humanité recule, où plus rien ne semble émouvoir personne, il faut savoir honorer ceux qui refusent d'abdiquer et demeurent, envers et contre tout, aux côtés des oubliés.
Car l'oubli est la ruse du diable.
Merci Fabien Kengne
Arol Ketch









