Le crime commis à Yaoundé, avec pour victimes Martinez Zogo (qui a souffert le martyr pendant des jours parce que séquestré, torturé, violé et finalement tué) et sa famille (choc émotionnel et perte d'un être cher) ne sera jamais oublié. Les présumés coupables ont été interpellés, notamment Amougou Belinga, l'ancien maire Martin Savom, l'ex-chef de la Recherche extérieure Eko Eko et l'un de ses bras droits Justin Danwe, etc., mais chaque jour qui passe, de nouveaux détails sont dévoilés.
Cette fois-ci, on parle de Modeste Mopa Fatoing et nous n'allons plus vous le présenter. Enfin, un petit peu. L'homme né en mars 1975 à Moutourwa est rapidement devenu un grand fiscaliste, prenant la tête de la Direction générale des impôts (DGI) de 2013 à février 2023, date à laquelle, il est détaché auprès du Fonds monétaire international (FMI), un détachement surprenant auquel personne ne s'attendait à l'époque.
Chose encore curieuse, le corps sans vie du journaliste Martinez Zogo a été découvert un dimanche, le 22 janvier 2023 à Ebogo, près de Yaoundé, cinq jours après son enlèvement survenu le 17 janvier 2023. Le rapprochement est très vite fait, Mopa Fatoing est parti quelques jours seulement après cette découverte macabre.
L'ancien apprenant de l'École nationale d'administration et de magistrature (Enam) au sein de la division des régies financières, major de sa promotion, est beaucoup cité dans ce scandale qui secoue même l'État.
Dans une récente sortie du politologue Vincent Sosthène Fouda, il évoqué la question de la villa qui a été attribuée à Modeste Mopa Fatoing aux États-Unis. Elle « peut susciter des interrogations », trouve Fouda.
Si les informations publiées selon lesquelles une résidence aurait été acquise en Virginie en 2026 pour environ 983 000 dollars (plus de 556 millions de francs CFA) sont exactes, il appartient aux autorités compétentes de vérifier l'origine des fonds, les modalités du financement, les revenus correspondants et la régularité de l'opération, souhaite l'intervenant.
Mais « une maison achetée à crédit n'est pas, par elle-même, la preuve d'une infraction. La République doit précisément se garder de transformer la suspicion en condamnation. C'est ici que commence la véritable question Mopa », enchaîne Fouda. Selon les uns et les autres, cette villa lui aurait été attribuée par le régime lui-même, du moins ceux du régime (comme Ferdinand Ngoh Ngoh par exemple) qui veulent le protéger parce que sachant beaucoup de choses dans l'affaire Martinez Zogo. Ce ne serait donc qu'une protection de témoin. L'idée est de le mettre en sécurité, lui faire se sentir soutenu et toujours dans les petits papiers du pouvoir d'Etoudi et préparer sereinement son retour au pays.
À bien y penser, la théorie n'est pas insensée. L'heure est venue pour Modeste Mopa dont on attend le témoignage à la barre pour dire ses vérités au peuple camerounais.









