Actualités of Monday, 17 August 2026

Source: www.camerounweb.com

Distribution de carburant et dans le négoce révélations exclusives sur la nouvelle vie du colonel Émile Joël Bamkoui

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Longtemps l'un des hommes les plus craints de l'appareil sécuritaire camerounais, le colonel Émile Joël Bamkoui, ancien patron de la Sécurité militaire (Semil), a disparu des radars depuis sa mise à la retraite. Selon une révélation du site d'investigation Africa Intelligence, l'ancien « sécurocrate » de Paul Biya s'est reconverti dans la distribution de carburant et le négoce — sans pour autant fermer la porte à un retour vers des fonctions officielles.



Officiellement admis à faire valoir ses droits à la retraite le 3 avril 2025, après avoir bénéficié d'une prorogation de deux ans obtenue en 2023, Émile Joël Bamkoui aura dirigé pendant près de dix ans la Division de la Sécurité militaire, l'un des services de renseignement les plus redoutés du dispositif sécuritaire camerounais. Né le 2 avril 1965 à Bafia, cet officier supérieur de la gendarmerie nationale s'était forgé au fil des années une réputation de fermeté, voire de dureté, y compris à travers des méthodes controversées : un rapport du département d'État américain avait notamment évoqué son implication présumée dans des actes de torture et de détention arbitraire.

Son départ, en avril 2025, avait surpris jusque dans son propre entourage : il apparaissait encore la veille aux côtés du ministre délégué à la Défense lors d'une cérémonie officielle. Plusieurs observateurs avaient alors établi un lien entre cette mise à l'écart et les luttes de clans qui agitent déjà Yaoundé dans la perspective de la succession de Paul Biya.


Selon les informations rapportées par Africa Intelligence, l'ancien colonel s'est depuis tourné vers des activités bien éloignées du renseignement militaire : la distribution de carburant et le négoce. Une reconversion qui, si elle marque en apparence une rupture nette avec sa précédente carrière, n'a rien d'isolé dans le paysage camerounais, où plusieurs anciens responsables sécuritaires ou militaires choisissent, une fois à la retraite, de se réorienter vers les secteurs économiques les plus lucratifs, à l'image du commerce des hydrocarbures.



L'élément le plus significatif de cette révélation d'Africa Intelligence tient toutefois à un autre point : l'intéressé n'exclurait pas un retour à des fonctions officielles. Une déclaration qui, venant d'un homme dont l'influence sur l'appareil sécuritaire camerounais reste encore vivace dans les mémoires, ne manquera pas d'alimenter les spéculations sur les recompositions en cours au sommet de l'État, dans un contexte où l'absence prolongée de Paul Biya et les rivalités de clans continuent de fragiliser la lisibilité du pouvoir à Yaoundé.