Actualités of Sunday, 16 August 2026

Source: www.camerounweb.com

Guerre de clans : Voici les sept dossiers explosifs soulevés par le Capitaine Effoudou

Cette intervention ne livre pas seulement une série d’accusations individuelles Cette intervention ne livre pas seulement une série d’accusations individuelles

Parmi les principaux sujets abordés par le capitaine Donald Effoudou Awussy Kenneth figurent une supposée mission de la DGRE à Paris, des accusations visant Boris Bertolt, une affaire d’armes impliquant Sani Mohamadou, la disparition présumée d’une mallette présidentielle, ainsi que de nouvelles révélations sur l’arrestation de Jean-Pierre Amougou Belinga dans l’affaire Martinez Zogo. Effoudou évoque également les données téléphoniques et le rôle supposé de la présidence dans cette affaire.

Une menace présumée de la DGRE à Paris. Des accusations contre Boris Bertolt. Une affaire d’armes de guerre. La mémoire d’un officier décédé. Et surtout, une nouvelle lecture de l’arrestation de Jean-Pierre Amougou Belinga dans le dossier Martinez Zogo.

Dans un nouvel épisode de "Masterclass" animé par le journaliste Morgan Palmer, l’ancien responsable du renseignement présidentiel Donald Effoudou Awussy Kenneth multiplie les accusations contre des personnalités camerounaises.

Voici les sept grands chapitres de son intervention.

1. LA FUITE D’UN ENREGISTREMENT ET LES EXCUSES À PARFAIT MBAPPOU

Le Capitaine Effoudou commence par répondre à la diffusion d’une conversation privée dans laquelle il hausse le ton contre un proche. Il reconnaît son emportement tout en dénonçant ce qu’il présente comme une tentative de manipulation familiale.

Résumé : L’invité confirme être la personne entendue dans l’enregistrement diffusé sur les réseaux sociaux. Son interlocuteur serait Parfait Mbappou, un membre de sa famille souffrant, selon lui, d’une grave infection affectant les voies urinaires et l’appareil rénal. Effoudou affirme que des personnes auraient profité de cette fragilité pour exercer une pression émotionnelle sur lui. Il admet avoir élevé la voix et déclare regretter cette réaction. Il présente publiquement ses excuses à son parent. Il maintient toutefois qu’il ne se laissera ni manipuler ni instrumentaliser.

2. UNE ÉQUIPE DE LA DGRE DÉPÉCHÉE À PARIS POUR LUI

Effoudou affirme qu’une mission de la Direction générale de la recherche extérieure serait arrivée en France. Il assure que Morgan Palmer et lui seraient les cibles d’une opération clandestine, ayant pour mission les éliminer.

Résumé : L’ancien officier cite Robert Arnaud Miené Mindou, présenté comme chef de la division des affaires générales de la DGRE. Il affirme que celui-ci séjournerait à l’hôtel George-V à Paris avec une équipe de quatre personnes. Selon Effoudou, cette mission aurait pour objectif de l’éliminer, ainsi que le journaliste Morgan Palmer.

Il attribue cette initiative à Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général de la présidence camerounaise. Il annonce vouloir alerter les services français au sujet de cette présence présumée. Aucun document, signalement officiel ou élément matériel n’est montré pendant l’entretien pour confirmer cette accusation.

3. COLONEL BADJECK, BORIS BERTOLT ET GUERRE D’INFLUENCE

Une grande partie de l’émission est consacrée aux personnes qui contestent ou critiquent les sorties d’Effoudou. Celui-ci répond en lançant à son tour de lourdes accusations contre des militaires, blogueurs, lanceurs d'alertes et responsables de médias.

Résumé : Effoudou interpelle d’abord le colonel Badjeck à propos d’une affaire d’agression sexuelle évoquée dans une émission précédente et demande que la justice soit saisie. Il accuse ensuite certains services de la gendarmerie, notamment un officier appelé Vladimir Bissé, (Orthographe non confirmée) de transmettre des informations destinées à le discréditer.

Sa principale attaque vise Boris Bertolt, qu’il accuse d’avoir reçu une importante somme d’argent (Des millions d'euros) afin de ne plus publier sur certaines personnalités. Il évoque un officier supérieur qui aurait transporté cet argent à Paris, sans révéler son identité ni produire de preuve dans l’émission.

Il met également en cause plusieurs directeurs de publication et affirme qu’Info TV aurait été créée pour concurrencer Vision 4 et défendre des intérêts politiques particuliers. Ces déclarations appellent un droit de réponse et une vérification indépendante.

4. SANI MOHAMADOU ET LE DOSSIER DES ARMES

Effoudou revient ensuite sur le droit de réponse publié par Sani Mohamadou dans le journal "Le Messager". Il soutient que l’intéressé aurait bénéficié d’interventions politiques après la découverte présumée d’armes et de documents irréguliers.

Résumé : Selon Effoudou, Sani Mohamadou aurait été interpellé en possession d’une arme semi-automatique munie d’un chargeur de trente cartouches. L’ancien officier affirme que l’importation de ce type d’équipement nécessiterait une autorisation spéciale relevant du président de la République.

Il accuse le ministère de l’Administration territoriale d’avoir produit des documents ne relevant pas de sa compétence. Il prétend également que Sani Mohamadou se serait présenté comme commandant de l’armée camerounaise alors qu’il aurait quitté la Légion étrangère française avec le grade de sergent.
Effoudou rapporte qu’une interdiction de sortie du territoire aurait bloqué son départ à l’aéroport de Yaoundé-Nsimalen le 24 avril 2023. Il affirme qu’une intervention de la présidence aurait permis sa levée avant un départ pour Paris le 28 avril 2023. Là encore, les documents évoqués ne sont pas présentés à l’écran.

5. L’AFFAIRE DE LA MALLETTE ET LA MÉMOIRE DU LIEUTENANT LUC EMANÉ

Effoudou revient sur une ancienne affaire impliquant une mallette présidentielle disparue lors d’une escale à Genève. Il demande la réhabilitation du lieutenant Luc Emané, accusé à l’époque du vol.

Résumé : Paul Biya se rendait à New York pour un sommet de l’ONU et avait fait escale à l’hôtel InterContinental de Genève. Selon Effoudou, deux officiers chargés des recherches auraient appris que Joseph Fouda, alors capitaine de vaisseau, aurait été la dernière personne à quitter la suite présidentielle.

La mallette aurait ensuite été retrouvée sous le lit du lieutenant Luc Emané, officier d’ordonnance du chef de l’État. Effoudou soutient que Luc Mané aurait toujours nié les faits, y compris après son transfert au Service central de recherches judiciaires puis à la prison de Kondengui. Il décrit cet officier comme un homme expérimenté, sans antécédent disciplinaire et proche de la retraite.

Il affirme que la mallette aurait été placée dans sa chambre pour le compromettre, sans apporter de preuve publique pendant l’entretien. Il réclame une réhabilitation de son honneur et un dédommagement pour sa famille.

6. AFFAIRE MARTINEZ ZOGO: L’ARRESTATION D’AMOUGOU BELINGA CONTESTÉE

Le passage central de l’entretien porte sur l’arrestation de Jean-Pierre Amougou Belinga dans l’affaire Martinez Zogo. Effoudou affirme que l’opération aurait été décidée au palais présidentiel (Ferdinand Ngoh Ngoh) et menée en dehors de la procédure normale.

Résumé : Le colonel Jean-Pierre Otoulou aurait déclaré devant le tribunal militaire ne pas avoir ordonné l’encerclement et la perquisition du domicile de l’homme d’affaires. Effoudou affirme que l’ordre serait venu de l’amiral Joseph Fouda, après une intervention attribuée à Ferdinand Ngoh Ngoh auprès du secrétaire d’État chargé de la gendarmerie.

Une note aurait présenté l’arrestation d’Amougou Belinga comme nécessaire pour éviter un soulèvement populaire. L’invité soutient que Joseph Fouda aurait ensuite dépêché le lieutenant-colonel Nanga Parfait, (Orthographe non confirmée) alors stagiaire à l’École supérieure internationale de guerre de Yaoundé. Près de deux cents gendarmes auraient été mobilisés pour l’opération, selon les chiffres avancés dans l’entretien.

Effoudou qualifie l’arrestation d’illégale et d’arbitraire, mais cette interprétation s’oppose aux éléments d’accusation déjà examinés par le tribunal militaire. Le procès étant toujours en cours, il appartient à la justice d’établir la validité des actes de procédure et la responsabilité des accusés.

7. TÉLÉPHONIE, PRÉSIDENCE ET CENTRE RÉEL DU POUVOIR

Dans le dernier volet, Effoudou présente les données téléphoniques comme la possible clé de l’assassinat de Martinez Zogo. Il étend ensuite son accusation au fonctionnement de la gendarmerie et du sommet de l’État.

Résumé : L’ancien officier affirme que les données mobiles auraient été coupées dans les téléphones des membres du commando impliqué dans la mort de Martinez Zogo. Selon lui, l’identification de l’autorité ayant ordonné cette coupure permettrait de remonter au commanditaire.

Il soutient que seul le secrétariat général de la présidence aurait eu la capacité d’imposer une telle décision aux opérateurs. Il interpelle notamment Judith Yah Sunday, directrice générale de CAMTEL, sur la coopération de l’entreprise avec le tribunal militaire. Effoudou affirme ensuite que le ministre de la Défense et le secrétaire d’État chargé de la gendarmerie seraient soumis à l’influence du secrétaire général de la présidence.

Il accuse Ferdinand Ngoh Ngoh de vouloir contrôler la succession politique au Cameroun et promet une émission consacrée aux malversations présumées dans la gendarmerie. Ces conclusions constituent son analyse personnelle et ne sont pas démontrées par les éléments présentés dans la vidéo.

CE QU’IL FAUT RETENIR

Cette intervention ne livre pas seulement une série d’accusations individuelles. Elle décrit, selon Effoudou, un système dans lequel renseignement, gendarmerie, médias, opérateurs téléphoniques et présidence seraient traversés par des alliances, des rivalités et des opérations d’influence.
Mais la quantité de noms cités ne remplace pas les preuves.
Si l’ancien officier possède réellement les documents, rapports et traces qu’il évoque, leur transmission à la justice et leur examen contradictoire seront plus décisifs que leur simple exposition médiatique.

Parmi ces sept dossiers, lequel devrait faire l’objet d’une enquête indépendante en priorité d'après vous?

Zacharie Kengne