Actualités of Wednesday, 12 August 2026

Source: www.camerounweb.com

Vice-président : la liste des trois personnes retenues par Biya

Qui sera le vice-président ? Qui sera le vice-président ?

Qui veut être roi ? Cette question peut paraître surprenante. Elle fait surtout référence à la célèbre demande de Ragnar, la célèbre réplique « Qui veut être roi ? » (« Who wants to be king ? ») prononcée dans la série Vikings. Le souverain, de retour à Kattegat après son échec à Paris, met son peuple et ses fils au défi de le tuer pour prendre sa place, révélant la solitude et le fardeau du pouvoir. Oubliant la fiction et revenant au Cameroun, la réalité est quelque peu différente. Paul Biya est fatigué et serait très heureux de laisser ses œuvres à quelqu'un qu'il connait très bien, lui aussi marqué par le fardeau du pouvoir depuis 1982. Alors, ici, la question est : qui veut être le vice-président ?

Une photo d'Emmanuel Franck Biya serrant la main d'Emmanuel Macron, président de la République française, en visite au Cameroun en juillet 2022, avait enflammé la toile au sujet d'une succession de gré à gré en préparation au Cameroun, rappelle le journal l'Indépendant qui plante bien le décor. Dans sa parution n°1051, le média précise que très en vue lors de la 15e conférence des chefs d'État de la Cemac tenue à Yaoundé le 17 mars 2023, Franck Biya relançait le débat sur sa proximité dans l'ordre protocolaire des proches collaborateurs du président de la République.

Toujours est-il que par le passé, c'est discrètement que le fils aîné de Paul Biya a autant occupé le devant de la scène lors des cérémonies officielles. L'éventualité d'une candidature de Franck Biya à la dernière élection présidentielle au Cameroun a nourri les supputations sur une supposée dévolution dynastique du pouvoir.

Entre jeux de lobbying, galops d'essai et instrumentalisation des groupes de pression, l'on subodorait sur un scénario Biya après Biya. En marge de cette actualité bruyante autour des successeurs putatifs, Franck Biya resté jusque-là à l'ombre tutélaire de son père, déniait à toutes ces initiatives, toute approbation de sa part.

Difficile de dire dès lors si on était en présence d'une nébuleuse orchestrée par des opportunistes en quête de prébendes. Mais d'associer le nom et le prestige du fils du président de la République à un tel projet, sans subir les moindres représailles, inclinait à penser à un ballon d'essai dans un scénario monarchique d'accession à la magistrature suprême.

Lors de la visite du président français au Cameroun du 25 au 26 juillet 2022, les banderoles et les affiches de propagande du mouvement des Frankistes pour la paix et l'unité floquées de la photo de Franck Biya, souhaitant la bienvenue au chef d'État français, avaient suscité émoi et ressentiment, avant d'être retirées de l'espace public dans les rues et avenues de la ville de Yaoundé, sur ordre de la très haute hiérarchie à la présidence de la République.

L'image cependant de son président de père le présentant à Emmanuel Macron au palais d'Etoudi, avait alimenté moult supputations. L'entrée en scène de l'hebdomadaire panafricain Jeune Afrique dans cette dévolution dynastique du pouvoir qui fait fureur en Afrique francophone, et la sortie controversée de Dieudonné Essomba sur le plateau d'une chaîne de télévision locale, laissant croire que Franck Biya se préparerait à prendre le pouvoir par une voie anti démocratique, invitaient alors à la réflexion.

Les supputations autour d'une probable nomination d'Emmanuel Franck Biya au poste de vice-président restauré par la révision constitutionnelle d'avril dernier, n'en finissent pas de faire les choux de la presse. Le quotidien en ligne, Jeune Afrique, dont la récurrence des articles sur l'après-Biya n'est pas fortuite, a révélé la semaine dernière, les cercles de soutien et d'influence de Franck Biya. Ils s'articulent autour d'une garde rapprochée informelle, de relais institutionnels au palais d'Etoudi, d'influence dans le monde des affaires et du sport, ainsi que mouvement des Frankistes.

La rédaction de CamerounWeb a mené sa propre enquête. Il en ressort qu'à l'heure actuelle, trois personnes sont plus susceptibles d'être nommées à ce poste. Premièrement, Emmanuel Franck Biya, le fils héritier. Ensuite, Ferdinand Ngoh Ngoh le secrétaire général de la présidence de la République et enfin le directeur adjoint du cabinet civil de la présidence, Oswald Baboke.

Tous ces éléments cités sont bien au courant qu'ils peuvent accéder à la fonction. Maintenant, il faut la mériter. Si la première personne évoquée a la change et l'avantage de porter le même patronyme que celui dirige le pays, les deux autres évoqués ont gagné leur place auprès de Paul Biya grâce à leur fidélité, à leur travail durant ces dernières années. Eux par contre doivent encore déplacer des montagnes. Ce qui explique la guerre officieuse signalée entre Ngoh Ngoh et Oswald Baboke.