Alors que la campagne cacaoyère 2025-2026 s'est soldée par un net recul des exportations camerounaises, une question stratégique refait surface avec insistance : celle de la diversification des débouchés. Selon des révélations de Jeune Afrique, les autorités et professionnels de la filière regardent aujourd'hui vers l'Asie pour desserrer l'étau d'une dépendance jugée excessive à l'égard du marché européen.
D'après les chiffres cités par Jeune Afrique, l'Europe a capté 84,62 % des expéditions camerounaises de cacao durant la dernière campagne, contre seulement 14,24 % pour l'ensemble du continent asiatique. Un déséquilibre qui expose la filière camerounaise, selon le média, aux aléas d'un marché unique et à des contraintes réglementaires croissantes, notamment environnementales, imposées par les autorités européennes aux produits importés.
Jeune Afrique rapporte que l'une des pistes envisagées pour redynamiser les exportations camerounaises consiste précisément à miser davantage sur les marchés asiatiques, dont le potentiel démographique offrirait, selon un spécialiste de la filière cité par le média, des perspectives de débouchés significatives. Mais le média souligne aussitôt les limites de cette stratégie : les habitudes de consommation en Asie, notamment en Chine et au Japon, restent aujourd'hui davantage tournées vers le thé que vers le chocolat, ce qui suppose un travail de fond avant d'espérer des résultats significatifs.
Des campagnes de promotion ciblées, condition du succès
Selon les informations de Jeune Afrique, ce même spécialiste appelle à un sursaut des autorités camerounaises à travers des campagnes de promotion ciblées, seules à même de faire évoluer durablement les habitudes de consommation sur ces marchés encore peu acquis au cacao camerounais. Une stratégie de long terme, donc, qui contraste avec l'urgence conjoncturelle vécue par la filière au sortir d'une campagne marquée par une chute de 35 % des volumes exportés et de 59 % des revenus des exportateurs, chiffres rapportés par Jeune Afrique.
Ce pari asiatique, documenté par Jeune Afrique, s'inscrit dans un contexte où le Cameroun, cinquième producteur mondial de cacao derrière la Côte d'Ivoire, le Ghana, l'Équateur et le Nigeria, cherche à sécuriser ses revenus face à la volatilité désormais chronique des cours mondiaux. Reste à savoir si cette diversification des débouchés pourra se concrétiser avant que de nouvelles corrections de prix ne viennent, une fois encore, fragiliser les quelque 400 000 cultivateurs qui font vivre la filière.









