Réinstauré en avril 2026 par Paul Biya, le poste de vice-président de la République camerounaise reste à ce jour vacant. Mais selon des révélations de Jeune Afrique, cette vacance n'a rien d'un simple délai administratif : elle serait au cœur d'un affrontement feutré entre deux hommes forts du palais d'Etoudi, Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général de la présidence, et Oswald Baboke, directeur adjoint du cabinet civil.
D'après les informations rapportées par Jeune Afrique, la première dame Chantal Biya aurait envisagé de proposer le nom d'Oswald Baboke pour occuper cette fonction nouvellement recréée. Un choix qui, selon le média, aurait été perçu comme une provocation directe par Ferdinand Ngoh Ngoh, lui-même artisan et défenseur de longue date du rétablissement du poste — et donc l'un de ses prétendants les plus naturels. Pour un proche d'Oswald Baboke cité par Jeune Afrique, c'est précisément cet arbitrage de la première dame qui aurait mis le feu aux poudres entre les deux hommes.
Jeune Afrique rappelle que la défiance de Ferdinand Ngoh Ngoh à l'égard d'Oswald Baboke ne datait pas de cet épisode : le secrétaire général le soupçonnerait depuis plusieurs années de transmettre des informations confidentielles du palais à des relais extérieurs, des accusations qu'Oswald Baboke aurait toujours rejetées. Le rapprochement de ce dernier avec Samuel Eto'o, en délicatesse avec un proche de Ngoh Ngoh, le ministre des Sports Narcisse Mouelle Kombi, aurait, selon Jeune Afrique, encore accentué la fracture entre les deux hommes.
Toujours selon les informations de Jeune Afrique, Oswald Baboke aurait été écarté par Ferdinand Ngoh Ngoh de l'organisation de la cérémonie de vœux au président Biya, début 2026 — une mission qui, habituellement, relevait de ses attributions. Une campagne aurait ensuite été menée auprès de Chantal Biya pour fragiliser sa position, avant que la première dame ne lui renouvelle sa confiance. Cette séquence, relatée par Jeune Afrique, dessine les contours d'une lutte d'influence bien antérieure à la question de la vice-présidence elle-même, mais que cette dernière aurait fait basculer dans une phase ouverte.
Alors que Paul Biya séjourne loin du Cameroun, à Genève depuis le 7 juin selon Jeune Afrique, la question de savoir qui accédera à la vice-présidence dépasse la seule rivalité personnelle entre deux collaborateurs du palais : elle cristallise, selon le média, les inquiétudes plus larges sur l'organisation de la succession présidentielle. Ces éléments, rapportés par une source proche du dossier, restent à ce stade non confirmés officiellement et méritent d'être suivis avec la prudence qu'impose un sujet aussi sensible pour les équilibres politiques camerounais.









