Actualités of Sunday, 9 August 2026

Source: www.camerounweb.com

Succession de Paul Biya : CRTV contre PRC TV, quand la présidence Biya se fait la guerre par écrans interposés

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Officiellement, il n'existe qu'une seule voix médiatique de l'État camerounais. Dans les faits, selon des révélations de Jeune Afrique, le paysage audiovisuel public s'est scindé, ces dernières années, en deux pôles rivaux qui reflètent les tensions internes au sommet de l'État : la Cameroon Radio Television (CRTV), historique, et PRC TV, née en 2022 dans le giron du cabinet civil de la présidence.




D'après les informations de Jeune Afrique, PRC TV a été créée à l'initiative du cabinet civil de Paul Biya, sous l'autorité de Samuel Mvondo Ayolo, dans un contexte où les relations entre ce dernier et la direction de la CRTV — jugée proche de Ferdinand Ngoh Ngoh — étaient déjà marquées par la défiance. Parrainée par la cellule de communication présidentielle alors dirigée par Oswald Baboke, cette chaîne s'est donné pour mission de couvrir au quotidien les activités du chef de l'État, avant d'intégrer le bouquet CanalSat en avril 2025 — un signe, souligne Jeune Afrique, de sa montée en puissance progressive face à la chaîne publique historique.



Jeune Afrique rapporte un épisode révélateur de ces tensions : le bras de fer entre Samuel Eto'o, président de la Fédération camerounaise de football, et le ministre des Sports Narcisse Mouelle Kombi, proche de Ferdinand Ngoh Ngoh. Ce dernier aurait, selon le média, obtenu de la CRTV qu'elle ne publie pas la composition des Lions indomptables — une consigne qu'Eto'o a contournée en s'adressant directement à Marie-Claire Nnana, directrice de publication du quotidien gouvernemental Cameroon Tribune, pour que la liste soit rendue publique.



Toujours selon Jeune Afrique, ce contournement aurait provoqué la colère de Ferdinand Ngoh Ngoh, seul détenteur à l'époque d'une délégation de signature du président Biya : il aurait exigé de Marie-Claire Nnana qu'elle révèle l'origine de l'instruction présidentielle invoquée, avant de réclamer son limogeage. La directrice de publication n'aurait conservé son poste, rapporte Jeune Afrique, que grâce au soutien de la première dame Chantal Biya — proche de Samuel Eto'o — et à ses propres liens de confiance avec Samuel Mvondo Ayolo.



Ce que ces épisodes révèlent, selon Jeune Afrique, c'est une bataille de récits où chaque camp du pouvoir cherche à disposer de son propre canal pour diffuser sa version des faits, quitte à priver le public d'informations aussi anodines qu'une liste de sélectionnés en équipe nationale. À l'heure où le Cameroun se prépare à l'après-Biya, cette fragmentation de l'audiovisuel public pourrait bien préfigurer une bataille de communication encore plus âpre lors de la transition à venir.