Actualités of Sunday, 9 August 2026

Source: www.camerounweb.com

CONFIDENTIEL: au cœur du palais, la bataille silencieuse pour le contrôle du renseignement

Image illustrative Image illustrative

À Yaoundé, la succession de Paul Biya ne se joue pas seulement dans les couloirs feutrés de la présidence. Elle se joue aussi, et peut-être surtout, dans les services de renseignement, où deux hommes se disputent une influence déterminante sur ce qui remonte — ou ne remonte pas — jusqu'au chef de l'État. Selon des révélations de Jeune Afrique, cette rivalité oppose Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général de la présidence de la République, à Samuel Mvondo Ayolo, directeur du cabinet civil.



D'après les informations rapportées par Jeune Afrique, Ferdinand Ngoh Ngoh dispose d'un atout de poids : sa proximité avec Jean-Pierre Robins Ghoumo, patron de la Direction générale de la recherche extérieure (DGRE). Ce dernier a succédé à Léopold Maxime Eko Eko, avec qui les relations étaient tendues — et qui se trouve aujourd'hui détenu dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat, en janvier 2023, du journaliste Martinez Zogo. Ce changement à la tête de la DGRE n'est pas anodin : il replace, selon Jeune Afrique, un allié de Ngoh Ngoh à un poste clé du renseignement extérieur, au moment même où le pays retient son souffle sur l'issue du procès de l'affaire Zogo.



Jeune Afrique souligne toutefois que le rapport de force n'est pas à sens unique. Si Paul Biya continue de recevoir directement certains rapports, le secrétaire général de la présidence n'a pas le monopole de l'information sécuritaire : des relais existent également du côté des ports, des aéroports et de l'armée, susceptibles de nourrir d'autres circuits d'information parallèles à ceux de Ngoh Ngoh. Cette configuration explique, selon les informations de Jeune Afrique, pourquoi chaque clan peut aujourd'hui produire ses propres rapports — ou contre-rapports — en fonction de ses intérêts du moment.

L'ombre de l'affaire Amougou Belinga

Cette lutte d'influence a connu un épisode spectaculaire avec l'incarcération de l'homme d'affaires Jean-Pierre Amougou Belinga, soupçonné d'être lié au rapt de Martinez Zogo, malgré ses réseaux réputés proches de Samuel Mvondo Ayolo et de certains ministres influents. Jeune Afrique rapporte qu'une ordonnance de mise en liberté provisoire le concernant, signée par un juge du tribunal militaire, avait brièvement circulé fin 2023, avant d'être qualifiée de faux par le ministère de la Défense — un épisode qui illustre, selon le média, jusqu'où peut aller la guerre de l'information entre les différents clans du palais.



Ces éléments, rapportés par Jeune Afrique, n'ont pour l'heure fait l'objet d'aucune confirmation officielle indépendante et doivent être lus avec la prudence qui s'impose sur un sujet aussi sensible que l'organisation interne du renseignement camerounais. Ils dessinent néanmoins les contours d'un système où l'information elle-même est devenue une arme dans la perspective de l'après-Biya, chaque camp cherchant à consolider ses positions avant l'heure de la succession.