Si l'absence prolongée de Paul Biya inquiète les chancelleries occidentales, elle produit également des effets tangibles sur les relations du Cameroun avec ses voisins immédiats. Une enquête de Jeune Afrique met en lumière deux dossiers régionaux directement fragilisés par l'incertitude qui entoure aujourd'hui le sommet de l'État camerounais.
Malabo, une relation personnelle mise à l'épreuve
Selon Jeune Afrique, l'un des partenaires les plus déstabilisés par cette situation est la Guinée équatoriale. L'enquête rapporte que la relation entre Paul Biya et Teodoro Obiang Nguema Mbasogo repose historiquement sur un dialogue direct de chef d'État à chef d'État — un canal aujourd'hui rendu incertain par l'absence prolongée du président camerounais. D'après une source citée par le magazine, Obiang Nguema ne saurait plus précisément à quel interlocuteur camerounais accorder sa confiance, dans un contexte où l'ensemble des collaborateurs présidentiels serait perçu comme empêtré dans des rivalités internes complexes.
Le chemin de fer qui cristallise la défiance tchadienne
Jeune Afrique documente également un différend plus concret avec le Tchad, portant sur le tracé de la future ligne ferroviaire devant relier Ngaoundéré à N'Djamena. Alors que Yaoundé défend un tracé passant par Garoua, Maroua et Kousséri, N'Djamena privilégie un corridor méridional via Moundou, Kélo et Bongor. Ce qui pourrait n'être qu'un différend technique classique prend, selon l'enquête, une tournure politique inédite : Mahamat Idriss Déby Itno soupçonnerait que la position camerounaise validée en juin n'émane pas directement de Paul Biya lui-même, ce qui expliquerait le refus persistant de N'Djamena de considérer cette option comme définitive.
Quand l'incertitude au sommet fragilise des dossiers structurants
Ce que révèlent ces deux dossiers documentés par Jeune Afrique, c'est que l'absence prolongée du chef de l'État camerounais ne se limite pas à une inquiétude diplomatique abstraite : elle vient percuter des projets d'infrastructure et des relations bilatérales concrètes, dont l'aboutissement dépend directement de la capacité des partenaires régionaux à identifier avec certitude l'origine réelle des décisions prises à Yaoundé.









