Actualités of Tuesday, 4 August 2026

Source: www.camerounweb.com

Fin du régime Biya : La position de la majeure partie de l’armée

L'armée a déjà manifesté son soutien au changement lors de la présidentielle de 2025 L'armée a déjà manifesté son soutien au changement lors de la présidentielle de 2025

L'aspiration au changement au Cameroun est devenue une force irrésistible, qu'aucune répression ne pourrait durablement contenir. La majorité des membres des Forces de défense et de sécurité partage les difficultés de la population et a déjà manifesté son soutien au changement lors de la présidentielle de 2025.

« Il existe une chose plus puissante que toutes les armées du monde, c'est une idée dont l'heure est venue. » Une idée comme la soif de changement que nourrissent les victimes de la gouvernance quarantenaire de Paul Biya. Pareille idée dans l'air du temps au pays de Ruben Um Nyobé, une telle soif de changement contenue par les plus âgés depuis près de 44 années, qui plus est face à la perspective pour le moins funeste de 44 années supplémentaires identiques aux précédentes voire pires, même tous les généraux de la terre constitués en armée ne sauraient ni ne pourraient la réprimer. D'autant plus que les généraux de l'armée camerounaise, pour revenir à la réalité qui nous concerne, même si leur nomination et leur appartenance ethnique consacrent aussi bien le déséquilibre régional que la préférence tribale consubstantiels au mode de gouvernance de Paul Biya, ne sont qu'une infime fraction de l'armée camerounaise ! Dieu merci.

Dieu merci, les hommes du rang de nos Forces de Défense et de Sécurité (FDS), à la faveur de la présidentielle du 12 octobre 2025, se sont prononcés —dans une écrasante majorité— en faveur de l'intérêt supérieur de la nation. Et contre la pérennisation du régime auquel le Cameroun doit cette gouvernance inqualifiable de près de 44 ans. D'abord dans les urnes, en dépit des menaces de sanction en cas de non-respect des consignes de vote données par leurs supérieurs hiérarchiques en faveur du président candidat, chef des Armées, Paul Biya. Et ensuite, hormis quelques cas marginaux, en refusant de réprimer à balles réelles les citoyens qui revendiquaient la vérité des urnes exprimée à l'occasion de cette présidentielle. « Tout le monde souffre, même le nyè souffre. » Comment pourrait-il en être autrement ? Les hommes du rang de nos FDS étant issus des classes populaires, vivant au sein de ces classes, partageant les misères desdites classes et étant donc pleinement solidaires des aspirations profondes au changement que nourrissent les susdites classes. C'est un élément cardinal à intégrer dans toute analyse portant sur le sujet en débat.

C'est ici le lieu d'appeler les acteurs du changement à ne pas céder au défaitisme, au catastrophisme et autres choses du même genre. Cet appel s'adresse à ceux qui voient désormais des manœuvres de succession dynastique au sommet de l'État dans tout décret pris par le président de la République, chef de l'État. Le défaitisme, le catastrophisme et autres choses du même genre n'aident absolument en rien. Bien au contraire. Pour rappel, seulement deux semaines avant le dernier scrutin présidentiel, qui aurait seulement pu penser qu'Issa Tchiroma Bakary terrasserait à ce point dans les urnes le champion des Biyaïstes, malgré les fraudes électorales massives —au profit du président candidat Paul Biya— rendues possibles grâce à l'occultation par Elections Cameroon - Elecam de la liste électorale nationale en violation flagrante de la Loi ? Que chaque acteur du changement fasse sa part, toute sa part et rien que sa part. Dans le respect par tous, citoyens comme gouvernants, de la légalité républicaine. Le reste est du ressort de l'Éternel des armées.

Yves Romuald Foungtcho