Si le SDF affiche ses ambitions de reconquête à Bamenda, le parti au pouvoir n'entend pas laisser le champ libre. Une enquête de Jeune Afrique met en lumière la contre-stratégie déployée par le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) pour consolider ses positions dans une région longtemps considérée comme acquise à l'opposition.
D'après Jeune Afrique, c'est Paul Atanga Nji, ministre de l'Administration territoriale et patron du RDPC dans le Nord-Ouest, qui pilote cette offensive de reconquête d'image dans la région. Une implication directe d'un poids lourd du gouvernement, qui traduit selon l'enquête la volonté du pouvoir central de ne pas considérer le Nord-Ouest comme une simple variable d'ajustement électorale, mais bien comme un enjeu stratégique de premier plan à l'approche des élections locales de 2027.
Quand la visite papale devient un levier politique
L'élément le plus révélateur documenté par Jeune Afrique concerne la visite du pape Léon XIV à Bamenda, dont l'organisation aurait permis, selon l'enquête, la réalisation d'une série de travaux d'aménagement urbain qui ont donné un nouveau visage aux rues et artères de la ville. Une opération qui illustre une méthode bien connue en politique : transformer un événement de nature religieuse ou diplomatique en vitrine de l'action gouvernementale, au bénéfice direct de l'image du parti au pouvoir dans une zone où sa légitimité reste contestée.
Ce que révèle cette enquête de Jeune Afrique, c'est que l'affrontement entre le SDF et le RDPC dans le Nord-Ouest ne se limite pas à un duel programmatique classique. Il s'agit avant tout d'une bataille de réhabilitation d'image et de reconquête symbolique, où chaque camp tente de démontrer sa capacité à incarner l'avenir d'une région encore marquée par les stigmates de la crise anglophone — le SDF en misant sur sa légitimité historique, le RDPC en misant sur les leviers concrets de l'action publique et les infrastructures.









