Actualités of Monday, 3 August 2026

Source: www.camerounweb.com

REVELATION CHOC : le colonel Otoulou affirme qu'Amougou Belinga a ordonné de « faire taire » le journaliste pour rendre service à Danwe

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De nouveaux éléments, potentiellement décisifs pour la suite du procès de l'affaire Martinez Zogo, ont été livrés au Tribunal militaire de Yaoundé par le colonel Jean-Pierre Otoulou, qui a coiffé à l'époque des faits la commission d'enquête chargée d'élucider l'assassinat du journaliste. Ces révélations, rapportées par Le TGV de l'info, mettent directement en cause l'homme d'affaires Jean-Pierre Amougou Belinga, présenté comme le commanditaire ayant réclamé que Martinez Zogo soit « fait taire ».

Selon les déclarations du colonel Otoulou rapportées par Le TGV de l'info, le mobile de Justin Danwe, cadre de la Direction générale de la recherche extérieure (DGRE) présenté comme le cerveau opérationnel du commando, serait avant tout financier. Danwe aurait eu besoin du soutien d'Amougou Belinga pour obtenir, auprès du ministre des Finances, une avance de solde de 20 millions de francs CFA. C'est en contrepartie de ce service, toujours selon le colonel, qu'Amougou Belinga lui aurait demandé de faire taire le journaliste.
D'après le témoignage de l'enquêteur, tel que rapporté par Le TGV de l'info, l'homme d'affaires aurait été tenu informé du déroulement de l'opération par Danwe lui-même, et lui aurait initialement répondu attendre d'en connaître les résultats. Amougou Belinga aurait néanmoins remis à Danwe deux millions de francs CFA dans un premier temps, puis 500 000 francs CFA supplémentaires la veille de l'opération menée contre le journaliste — des versements que l'accusation pourrait chercher à établir comme la preuve matérielle d'une complicité active et préméditée, et non d'une simple relation d'affaires entre les deux hommes.

Le moment le plus marquant de ce témoignage, selon Le TGV de l'info, concerne la réaction prêtée à Amougou Belinga lorsque Danwe lui aurait annoncé que le corps de Martinez Zogo avait été retrouvé. La réponse de l'homme d'affaires aurait été sans détour : « Il méritait ça ! ». Une phrase qui, si sa véracité est confirmée par la suite des débats, pourrait peser lourdement dans l'appréciation de l'intentionnalité et de la préméditation reprochées à l'accusé.


Il convient de rappeler que ces éléments ont été livrés dans le cadre de l'examen contradictoire (l'« examination-in-chief ») du colonel Otoulou, actuellement mené par les avocats des différents suspects au Tribunal militaire de Yaoundé, et que ce contre-interrogatoire se poursuit. Comme pour toute déposition dans une procédure en cours, ces déclarations restent, à ce stade, des affirmations d'un témoin qu'il appartiendra à la défense de questionner et à la cour d'apprécier, dans le respect de la présomption d'innocence dont bénéficient les accusés jusqu'au verdict final.


Il n'en demeure pas moins que ce témoignage, s'il est confirmé, viendrait consolider la thèse d'une chaîne de commandement claire entre les exécutants du commando et ses commanditaires présumés — une chaîne dont l'établissement judiciaire est précisément l'enjeu central de ce procès très suivi par l'opinion camerounaise.