Actualités of Monday, 3 August 2026

Source: www.camerounweb.com

Crise dans l'enseignement supérieur : Mamadou Mota et Aba'a Oyono démolissent Fame Ndongo

Fame Ndongo est parvenu à réduire les universités publiques camerounaises à l'état d'écoles Fame Ndongo est parvenu à réduire les universités publiques camerounaises à l'état d'écoles

Le ministre de l'Enseignement supérieur, Jacques Fame Ndongo est accusé d'être le principal responsable de la dégradation du système universitaire camerounais. S'appuyant sur les analyses du Pr Jean-Calvin Aba'a Oyono, le vice-président du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), Mamadou Mota dénonce la paralysie des instances de gouvernance, le manque d'infrastructures, les conditions d'études précaires, le sous-financement des universités publiques, la prolifération des établissements privés et la précarisation des enseignants. Selon lui, les véritables « barbarismes » ne proviennent pas des critiques formulées par les juristes, mais de la gestion du ministère, qu'il juge responsable de la crise profonde que traverse l'enseignement supérieur au Cameroun.


LE BARBARISME DE LA GOUVERNANCE ET LES MYTHES DU MINISTRE

Quand le grand ordonnateur de la faillite universitaire qualifie les érudits du droit de barbares politiques pendant que les campus prennent l'eau.

Il est des sorties oratoires qui relèvent moins de la controverse politique que de la pathologie institutionnelle. Qualifier les érudits du droit, ces gardiens de la dogmatique et de la norme, de praticiens du « barbarisme juridique » lorsque l’on trône au sommet de l’appareil de l’enseignement supérieur depuis plus de deux décennies, relève d’une audace verbale proche du cynisme pur.

Dans le style incisif, dépouillé de toute concession mondaine qui caractérise la critique libre de l'agronome que je suis, il convient de retourner l'accusation à l’envoyé : le véritable barbare en matière institutionnelle n'est point celui qui diagnostique la gangrène, mais celui qui l'entretient par son immobilisme douillet.

Le Pr Jacques Fame Ndongo, arc-bouté sur ses certitudes ministérielles, oublie que le verbe haut ne saurait prospérer sur les ruines d’un système qu’il a contribué à affaisser. Accuser l'intelligentsia juridique de subversion ou de barbarie, c’est refuser le miroir tendu par la rigueur scientifique.

Le véritable barbare institutionnel n'est pas celui qui diagnostique la gangrène, mais celui qui l'entretient par son immobilisme:( Mota, 2026).

La « Sinistrose universitaire » selon Aba'a Oyono, voilà le mot lâché. Pour mesurer l'abîme entre le discours officiel et la réalité, il suffit de se pencher sur l'implacable radiographie dressée par le Professeur Jean-Calvin Aba'a Oyono dans son étude intitulée « La Sinistrose universitaire ». Loin des dorures protocolaires et des motions de soutien obligées, le texte dévoile une institution en état de mort clinique larvée.

La vacance de la vision et l'agonie des instances sautent aux yeux : le Conseil National de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique et Technique, jadis arène de pilotage stratégique, est frappé d'un coma interminable depuis 1982. La navigation à vue est devenue la règle d’airain d'une hiérarchie intermédiaire transformée en chambre d’enregistrement.

Comment parler d'excellence ou de priorité nationale lorsque les enseignants et les étudiants pataugent dans un dénuement indigne ? Des amphithéâtres surpeuplés de Dang aux campus de Yaoundé II, l'archaïsme immobilier le dispute à l'absence criarde d'eau, d'électricité stable et d'espaces de travail. Les milliards engloutis dans des projets somptuaires hors des campus contrastent cruellement avec la misère physique des lieux de savoir.

Fame par son savoir faire est parvenu à réduire les universités publiques camerounaises à l'état d'écoles de parents perdues dans une localité lointaine, à l'image d'un Tcherfeke symbolique de l'abandon périphérique, voilà le véritable bilan de vingt années de gestion technocratique.

L'effondrement des effectifs dans les filières classiques où les mastodontes juridiques et politiques de jadis peinent à recruter un millier d'âmes là où se bousculaient des milliers d'étudiants illustre la fuite en avant. S'y ajoute la prolifération incontrôlée et anarchique des Instituts Privés d'Enseignement Supérieur (IPES) qui, avec la complicité de la tutelle, achèvent d'asphyxier le service public.

Le financement dérisoire, la complexification du paiement des droits par tranches et le pourrissement de la dette académique envers des enseignants clochardisés achèvent de dessiner ce tableau crépusculaire. Le « barbarisme » n'est donc pas dans la critique juridique ; il est dans la banalisation institutionnelle de la décadence.

Baba bikkoy