Actualités of Saturday, 25 July 2026

Source: www.camerounweb.com

Affaire Sani Mohamadou : le capitaine Effoudou accuse Ferdinand Ngoh Ngoh d'avoir protégé un ancien légionnaire français

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L'affaire rebondit. Le capitaine Effoudou Awussi Kenneth Romuald, ancien chef du bureau des renseignements à l'état-major du président de la République, a révélé un document qui, selon lui, prouve l'implication du secrétaire général de la présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh, dans la protection d'un individu se faisant passer pour un officier de l'armée camerounaise.


Selon les déclarations du capitaine Effoudou, en 2023, son service avait signalé à la présidence la présence, à proximité de la résidence présidentielle, d'un individu disposant d'armes de guerre de très bonne qualité, non en dotation dans l'armée camerounaise, et se faisant passer pour un chef de bataillon. Il s'agissait de Sani Mohamadou, un ancien légionnaire français du grade de sergent, ayant effectué des missions en Irak et en Afghanistan.

Ce qui a attiré l'attention des renseignements, c'est que cet individu présentait de « vrais faux documents » émanant du ministère de l'Administration territoriale, notamment une autorisation d'importation d'armes signée par le ministre Paul Atanga Nji en septembre 2018. Ce document autorisait Sani Mohamadou, présenté comme « Conseiller défense », à importer deux armes de marque LUVO AR15 (calibre 223 REM) et GLOCK 19 (calibre 9mm) depuis Malte.

Une intervention de Ferdinand Ngoh Ngoh
Le capitaine Effoudou affirme qu'après l'arrestation de Sani Mohamadou sur la base de ces renseignements, Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général de la présidence, est intervenu « efficacement et vigoureusement pour la mise en liberté sans condition et sans délai de cet individu ».

Une accusation grave qui, si elle se confirme, jetterait une lumière crue sur les réseaux de protection dont bénéficient certains individus au sein de l'appareil d'État.

Un document authentique
Le document révélé par le capitaine Effoudou est une autorisation d'importation d'armes signée par Paul Atanga Nji, ministre de l'Administration territoriale. Bien que la signature et le cachet paraissent authentiques, la date mentionnée (septembre 2018) et la fonction de « Conseiller défense » attribuée à Sani Mohamadou sont autant d'éléments qui interrogent sur les conditions de délivrance de cette autorisation.

Ce document, s'il est authentique, pourrait constituer une preuve des liens entre Sani Mohamadou, Atanga Nji et Ngoh Ngoh, et alimenter les soupçons sur un système de protection de certains individus au sein de l'appareil d'État.


Ces nouvelles accusations du capitaine Effoudou, qui avait déjà dénoncé un système de contrôle de l'appareil sécuritaire par Ferdinand Ngoh Ngoh, suscitent de vives inquiétudes sur l'état de l'État de droit au Cameroun. La Chambre nationale des experts criminels du Cameroun a annoncé l'ouverture d'investigations pour vérifier ces allégations.

Alors que l'absence du président Paul Biya à la tête du pays se prolonge, ces révélations risquent d'alimenter les tensions entre les différents clans du pouvoir.