Un ancien officier de l’État-major particulier du président de la République a livré des accusations d’une gravité inouïe ce dimanche 26 juillet 2026. Le capitaine Effoudou, révoqué de ses fonctions et de son grade par décret présidentiel, a dénoncé sur le plateau du grand reporter Morgan Palmer un système de contrôle total de l’appareil sécuritaire et administratif par le Secrétaire général de la présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh, qu’il accuse d’avoir voulu organiser un coup d’État par l’intermédiaire d’un légionnaire français.
« Une tentative de coup d’État via un légionnaire français »
L’ancien chef du bureau du renseignement à l’État-major particulier du président de la République, qui n’est pas un inconnu dans les cercles sécuritaires, a pointé du doigt le tout-puissant secrétaire général de la présidence. Selon ses déclarations, Ferdinand Ngoh Ngoh aurait planifié un coup d’État en utilisant un légionnaire de l’armée française, qu’il assimile à un « Namayat Doumbouya ».
Ce n’est pas la première fois que des accusations de ce type émergent. L’année dernière, des rumeurs circulaient déjà autour d’un projet de déstabilisation piloté depuis les hautes sphères du pouvoir, mais sans qu’aucune voix officielle ne se soit jamais exprimée à ce sujet.
Le capitaine Effoudou, qui a servi au cœur du dispositif présidentiel, dresse un tableau inquiétant : selon lui, Ferdinand Ngoh Ngoh exerce une mainmise totale sur l’appareil sécuritaire et administratif du Cameroun. Il accuse notamment :
La persécution systématique des militaires qui ne se soumettent pas à son autorité ;
La transformation de la Gendarmerie nationale en « escadron de la mort », devenu un haut lieu de trafic de drogue ;
Un réseau d’officiers supérieurs au service d’un cartel, sous ses ordres directs.
L’officier a cité plusieurs personnalités qu’il présente comme les exécutants de ce système : Remy Ze Meka, le colonel Eloundou Mesmin (directeur adjoint de la DGRE), le colonel Otoulou, le lieutenant-colonel Bialo, le chef d’escadron Misseh. Il mentionne également des généraux et ministres en fonction, qui agiraient sous la coupe du SGPR.
Ces accusations sont d’autant plus graves qu’elles émanent d’un ancien officier de l’État-major particulier du président, un poste qui donne accès à des informations très sensibles. L’intervention du capitaine Effoudou, révoqué par décret présidentiel, intervient alors qu’il n’a plus de lien fonctionnel avec l’appareil d’État.
Ces révélations surviennent dans un contexte marqué par des tensions accrues au sommet de l’État, alors que le président Paul Biya, âgé de 93 ans, est absent depuis plusieurs semaines pour un séjour en Suisse. La question de la succession et des luttes d’influence au sein du régime est de plus en plus présente dans l’espace public.
Le capitaine Effoudou, en brisant l’omerta, relance un débat brûlant sur le rôle de Ferdinand Ngoh Ngoh, figure centrale du régime depuis plus de trois décennies. Ses accusations, si elles étaient confirmées, constitueraient un séisme institutionnel aux conséquences politiques majeures.









