Actualités of Thursday, 23 July 2026

Source: www.camerounweb.com

Affaire GABY NKONDO – SRC : Marie Rose Messi provoque la colère de Dion Ngute

Le premier ministre ordonne la restitution des saisies effectuées chez Gabriel Nkondo Le premier ministre ordonne la restitution des saisies effectuées chez Gabriel Nkondo

Une réunion présidée par le Premier ministre Joseph Dion Ngute a examiné le différend opposant la société PACK INDUSTRY de Gabriel Kondo Ebelle à la Société de Recouvrement des Créances (SRC). Le Chef du Gouvernement a dénoncé le refus de la SRC d'exécuter des décisions de justice définitives ainsi que l'absence de sa directrice générale à cette concertation. À l'issue des échanges, il a ordonné le retour à une gestion amiable du dossier, la restitution des biens saisis à Gabriel Kondo Ebelle et la suspension des procédures de saisie, réaffirmant que nul organisme public ne peut se soustraire aux décisions de justice dans un État de droit.


Une réunion de concertation présidée le 21 juillet 2026 par le Premier ministre, Chef du Gouvernement, a mis en lumière les vives tensions opposant la société PACK INDUSTRY de KONDO EBELLE Gabriel allias GABY NKONDO à la Société de Recouvrement des Créances du Cameroun (SRC). Au cœur des débats : le refus persistant de la SRC d’exécuter plusieurs décisions de justice définitives, une situation que le Chef du Gouvernement a jugée incompatible avec les principes de l’État de droit.

Dès l’ouverture des travaux, un fait a retenu l’attention des participants : l’absence du Directeur général de la SRC, MARIE ROSE MESSI pourtant personnellement convié. Ni elle ni aucun représentant de son institution n’ont pris part à la réunion technique préparatoire, ni à la concertation présidée par le Premier ministre.
Prenant la parole, le Chef du Gouvernement, DION NGUTE entouré notamment de son Directeur de Cabinet et du Secrétaire général adjoint des Services du Premier ministre, a rappelé avec fermeté que le Cameroun est un État de droit et qu’aucune structure publique, y compris une entreprise à capitaux publics, ne saurait se soustraire aux décisions rendues par les juridictions de la République.

Le Président-directeur général de PACK INDUSTRY a ensuite retracé l’origine du différend qui l’oppose à l’ancienne Union Bank of Cameroon (UBC), avant d’exposer les circonstances ayant conduit au transfert du dossier successivement à l’État du Cameroun puis à la SRC.

À la demande du dirigeant de PACK INDUSTRY, la parole a été donnée à son conseil, Me Hugues Arsène Medou, assisté de Me Josué Dumont Ndocky Dikoume, qui a présenté une analyse juridique détaillée de la procédure. Les avocats ont soutenu que la SRC refuse, jusqu’à ce jour, d’exécuter plusieurs décisions de justice rendues contradictoirement et devenues définitives.

Selon la défense de PACK INDUSTRY, cette situation entraîne déjà de lourdes conséquences financières pour les finances publiques. Les astreintes accumulées en raison du refus de restitution des biens de M. Kondo Ebelle atteindraient désormais 150 millions de francs CFA, montant susceptible d’être encore alourdi par d’éventuels dommages et intérêts. Les conseils ont également averti que la poursuite de cette stratégie pourrait conduire, par le jeu des compensations, à l’extinction même de la créance que la SRC est chargée de recouvrer.
Invité à s’exprimer, le Ministre d’État, ministre de la Justice, garde des Sceaux, Laurent Esso, a regretté les difficultés persistantes de la SRC à se conformer aux exigences du droit, malgré la mise à disposition, à sa demande, de plusieurs magistrats. Il a dénoncé le refus d’exécuter les décisions judiciaires, estimant qu’une telle attitude est susceptible d’exposer ses responsables à d’éventuelles poursuites pénales.

Le Directeur des affaires non répressives et du Sceau du ministère de la Justice a, pour sa part, confirmé les éléments de procédure présentés par les avocats de PACK INDUSTRY. Il a souligné les risques financiers encourus par l’État et recommandé un retour rapide à une gestion amiable du dossier, passant notamment par l’exécution des décisions de justice et la restitution des biens saisis appartenant à M. Kondo Ebelle.

Le Secrétaire général du ministère de l’Administration territoriale (MINAT) s’est également rangé derrière cette analyse, regrettant le refus manifeste de la SRC de se conformer aux décisions des juridictions et soutenant les propositions formulées par le ministère de la Justice.

En clôture des travaux, le Premier ministre a dressé un constat particulièrement sévère. Il a qualifié l’absence du Directeur général de la SRC de “faute lourde” et a demandé à ses collaborateurs d’engager une concertation avec le ministre de tutelle afin de déterminer les suites à donner à ce qu’il a considéré comme une attitude irrévérencieuse à l’égard des institutions de la République.

Le Chef du Gouvernement s’est également inquiété des conséquences financières que pourrait entraîner le maintien de cette situation pour le Trésor public. Il a instruit les Services du Premier ministre ainsi que ceux du ministère des Finances de saisir officiellement la SRC afin de mettre en œuvre plusieurs mesures : retour à une gestion amiable du dossier, restitution des biens saisis et suspension de toute procédure de saisie fondée sur le privilège du Trésor jusqu’à nouvel ordre.

Selon les éléments rapportés à l’issue de cette concertation, le Premier ministre, visiblement irrité par la gestion du dossier, a exigé la mise en œuvre rapide de l’ensemble de ces instructions, réaffirmant que le respect des décisions de justice demeure un principe auquel aucune administration ou entreprise publique ne peut se soustraire dans un État de droit.

Boris Bertolot