Actualités of Thursday, 23 July 2026

Source: www.camerounweb.com

CONFIDENTIEL - SNH : Après Marcel Niat et Cavaye Yeguie, Paul Biya va se débarrasser d’Adolphe Moudiki

'Le silence, ici, en dit plus long que le texte' 'Le silence, ici, en dit plus long que le texte'

Deux nouveaux administrateurs ont été nommés au Conseil d'administration de la SNH par décrets présidentiels. Ces désignations, intervenant dans un contexte marqué par les interrogations sur la gouvernance de l'entreprise et l'absence prolongée de son directeur général de la scène publique, pourraient annoncer une réorganisation de la direction de la compagnie pétrolière nationale.

Le 22 juillet 2026. Deux décrets présidentiels, publiés le même jour, portant sur la même entreprise : la Société nationale des hydrocarbures. Sabikanda Guy Emmanuel, maire de Kribi. Abdoulaye Yerima Bakari, Lamido de Maroua. Tous deux nommés au Conseil d'administration comme représentants du président de la République.

À première vue : un simple renouvellement. Rien à signaler. Circulez.
Sauf que.
Sauf que deux nominations présidentielles directes, le même jour, au sein du même conseil, ce n'est pas la routine administrative qu'on voudrait nous vendre. C'est une configuration rare — inédite même — à la SNH. Et les décrets, eux, restent muets sur l'essentiel : qui présidera ce Conseil ? Qui dirigera l'entreprise ?

Le silence, ici, en dit plus long que le texte.

Alors posons la question que tout le monde se pose tout bas : est-ce un simple ajustement institutionnel, ou les prémices d'une recomposition plus large de la gouvernance de la première entreprise du pays ?

Parce qu'un précédent existe. À la Société nationale d'investissement, un administrateur nommé par décret s'est retrouvé, quelques jours plus tard seulement, propulsé à la présidence du Conseil. Le scénario est connu. La méthode aussi.

Et rappelons le contexte dans lequel tombent ces nominations : une SNH où l'Administrateur Directeur général, âgé de 88 ans, n'a plus été vu en public depuis près de trois ans. Une SNH où c'est son épouse qui inaugure, qui préside, qui menace de sanctions les employés qui « insultent » le président ou son mari. Une SNH sur laquelle pèsent des accusations de détournement de plusieurs dizaines de milliards de francs CFA.

Dans ce contexte-là, deux nominations muettes sur la présidence et la direction générale, ça ne s'appelle pas de la routine. Ça s'appelle préparer le terrain — sans dire pour qui, ni pour quoi.

Le choix des profils n'est pas neutre non plus. Le maire de Kribi, ville qui abrite le terminal gazier stratégique du pays. Le lamido de Maroua, autorité traditionnelle de premier plan dans l'Extrême-Nord. Deux ancrages territoriaux, deux légitimités différentes, réunies au même conseil, le même jour.

Les prochains actes du chef de l'État nous diront s'il s'agit d'un ajustement — ou d'une manœuvre.

En attendant : la SNH, premier contributeur au budget de l'État camerounais, continue d'être gérée dans le brouillard. Et le Cameroun, lui, continue d'attendre des explications qu'on ne lui donne jamais.

Mayor Cyrille