On avait totalement raison de croire que quelque chose d'anormal se passait dans le long séjour de Paul Biya à l'étranger. Le président est en Suisse depuis plusieurs semaines maintenant et le délai a fini par battre tous les records précédents, à tel point que les plus pressés ont commencé par parler de vacance de pouvoir et de succession à la tête de l'État.
La vérité est que rien ne va depuis le départ de l'homme politique de son pays natal. L'absence prolongée de Paul Biya à l'hôtel Intercontinental Genève et dans une clinique huppée du même pays, dont le nom est tenu au secret, se fait remarquer et continue d'alimenter l'inquiétude.
Ce n'est pas faux, l'état de santé du patron du parti au pouvoir, le RDPC, est vraiment déclinant, bien que le gouvernement s'efforce de démentir avec vigueur toute hospitalisation critique du plus vieux dirigeant encore en exercice au monde.
Le mystère de Genève était entier jusqu'à ces dernières heures où la grosse nouvelle est tombée, mettant en panique les proches collaborateurs de Paul Biya, sa famille, ses plus grands admirateurs et amis, ses homologues du continent et du monde, etc. Le gouvernant, âgé de 93 ans, a quitté Yaoundé avec son épouse pour ce qui était initialement présenté comme un « court séjour privé » en Europe.
Seulement, après des dizaines de jours d'absence hors du territoire national, le chef de l'État est toujours introuvable au pays. Ce serait dû à des complications de santé. Des informations font état d'un grave malaise survenu quelques jours après son arrivée en terre suite, nécessitant l'intervention immédiate et très urgente d'une équipe médicale composée des plus grands professionnels du monde.
Dans les couloirs du pouvoir à Yaoundé, la nervosité est palpable. Surtout avec la nouveauté tombée. Au cours des jours écoulés, Paul Biya, alité dans la clinique, a fait une attaque cardiaque. Elle était tellement violente que les personnes à son chevet ont commencé par invoquer les esprits. À l'heure actuelle, les prières n'ont pas encore pris fin, la famille et les membres de la délégation faisant partie du voyage continuant toujours d'implorer le ciel pour qu'il veille sur celui qu'on surnomme le « vieux » et multipliant les réunions pour savoir quoi faire.
Fidèle à sa stratégie de communication, le gouvernement, par ses canaux officiels, n'a encore rien dit par rapport à cette attaque qui s'est produite, refusant de laisser s'installer le récit d'une fin de règne imminente. Néanmoins, ce n'est qu'une question de temps pour que le monde entier comprenne véritablement ce qui se passe. Un proverbe dit qu'aussi longtemps que volera un oiseau, il finira par tomber.









