Actualités of Wednesday, 22 July 2026

Source: www.camerounweb.com

Affaire Martinez Zogo : Un officier supérieur révèle les « pactes secrets » qui lient les présumés asass!ns

La stratégie de défense d’Amougou Belinga s’est effondrée La stratégie de défense d’Amougou Belinga s’est effondrée

L'audience devant le tribunal militaire de Yaoundé a pris un tournant décisif avec le long témoignage du colonel Otoulou.
Ancien commandant de la Légion de gendarmerie de la région du Centre au moment des faits, cet officier supérieur a présenté des preuves accablantes et mis en évidence des contradictions flagrantes impliquant l’homme d’affaires Jean-Pierre Amougou Belinga et son bras droit, le journaliste Bruno Bidjang.

Dès son entrée à la barre, le colonel Otoulou a décrit une enquête méthodique. Confronté à un enlèvement mené de main de maître, sans laisser la moindre trace sur les caméras de vidéosurveillance, devant un poste de gendarmerie, l’officier supérieur a rapidement orienté ses recherches vers des spécialistes.

L’arrestation du directeur des opérations de la DGRE, Justin Danwe, et de son complice Ebo a ouvert la voie vers les véritables commanditaires.

Le témoignage du colonel Otoulou a mis en lumière le double jeu de Jean-Pierre Amougou Belinga.

Au début de l’enquête, le puissant homme d’affaires a affiché un mépris total envers les enquêteurs, déclarant avec arrogance : « Moi, quand un enfant m’embête, je le fouette et je lui donne de l’argent. »

Il a nié toute implication, affirmant que Justin Danwe n’était qu’un ami qui lui avait fourni des informations.

La stratégie de défense d’Amougou Belinga s’est effondrée lorsque le colonel Otoulou a ordonné une confrontation directe et immédiate entre l’homme d’affaires et l’officier de la DGRE.

Acculé par les questions du gendarme, Justin Danwe a craqué et a déclaré devant son complice : « Mon colonel, je reviens sur ma déposition. Je connais très bien M. Amougou. »

Le colonel Otoulou a ensuite exposé en détail à la cour le pacte financier conclu directement au domicile d’Amougou Belinga, où les deux hommes auraient planifié l’opération visant à « faire taire » Martinez Zogo en échange d’une avance.

S’appuyant sur des preuves, le colonel a révélé que la gendarmerie avait pu retracer, grâce à des caméras de surveillance, les déplacements secrets de Danwe à l’Ekang Building d’Amougou Belinga pour rendre compte de l’avancement de l’enlèvement.

Le rôle de Bruno Bidjang, directeur général du groupe de presse d’Amougou Belinga, a également été mis en lumière par le colonel Otoulou.

Lors de l’arrestation du journaliste, le colonel lui a demandé de déverrouiller son téléphone. Les enquêteurs y ont trouvé un message particulièrement compromettant adressé à Paul Daisy Biya : « Le jour J, ce sera sans pitié pour Martinez. Pour lui, Martinez. »

Interrogé par le colonel Otoulou sur la signification de ce mystérieux « D-Day », Bruno Bidjang a tenté de se défendre en affirmant qu’il faisait référence à une future incarcération légale et qu’Amougou Belinga bénéficiait d’un soutien puissant au sein du système judiciaire.

Mais pour les enquêteurs, la relation indissociable entre les deux hommes, décrite par le colonel comme « comme le clou et le doigt », ne laisse aucun doute quant à la complicité de Bidjang dans la préparation du crime.

Le témoignage du colonel Otoulou a également porté sur la disparition suspecte d’un iPhone appartenant à Melissa, l’épouse d’Amougou Belinga, qu’elle avait confié à son aide ménagère.

Pour le témoin, cette disparition soudaine au moment des arrestations témoigne d’une tentative manifeste de dissimuler des preuves compromettantes.

À 17 h 10, après ces révélations fracassantes qui ont resserré l’étau autour d’Amougou Belinga et de Bruno Bidjang, la cour a ajourné l’affaire aux 3 et 4 août 2026.

Cet ajournement, demandé par la défense de l’État, permettra de poursuivre le contre-interrogatoire du colonel Otoulou et d’entendre d’autres témoins clés.