À un coach sur les réseaux sociaux, la femme se plaint. Elle demande qu’on la publie en maintenant privée son identité.
Je ne sais plus comment gérer mon foyer. Je suis fatiguée de pardonner, de me briser, d’enfouir mes principes. C’est de trop. Mariée légalement depuis presque cinq ans à Douala, mon mari est un homme aimant (de ce qu’il a toujours montré) et je fais de mon mieux pour être une source de paix. Nous avons deux garçons.
Depuis l’année passée, je multipliais constamment des infections. Je traitais, je refais le PCV et antibiogramme, c’est bon, plus rien. Après un ou deux mois, ça revient et en plus fort jusqu’au point où mes trompes ont été touchées par les bactéries chlamydia.
Je n’ai qu’un partenaire, si ce n’est pas mon mari qui m’a donné ça, alors qui ça peut être ? Voilà comment je décide de fouiller son téléphone. Dieu m’en est témoin, ce que j’ai vu m’a donné le mal de ventre et la migraine en un laps de secondes.
Mon mari est un pervers né. Il demande des nudes aux femmes. Il sort le soir avec des femmes. Et quand je ne suis pas dans la ville pour le boulot, il invite ces femmes chez moi. Il crée des missions pour aller rencontrer des femmes dans d’autres villes. Il entretient financièrement certaines. Je l’ai confronté. Ça a été le jour où ma paix à moi a disparu.
Le soir où je l’ai confronté, il ne m’a pas réprimandée d’avoir fouillé son téléphone. Il avait honte de ce que j’avais vu. Il me regardait à peine. J’avais presque pitié, mais ce que j’avais vu dépassait l’empathie qu’il sollicitait en prenant une mine regrettable. Il m’a demandé pardon. Je lui ai demandé si j’ai fait une mauvaise chose pour qu’il me salisse de la sorte. Il m’a clairement dit que non. Arguant sue c’est son défaut à lui que je venais de découvrir comme ça, que je ne suis pas responsable et lui-même souvent, ça le dépasse. Et aussi qu’il a toujours dissimulé cela.
J’ai crié, j’ai pleuré, je me suis auto cloisonnée. Je lui ai demandé mais pourquoi vouloir me rendre malade ? Tu ne doutais pas que mes aller et retour à l’hôpital pouvaient être toi la cause ? Il a fait mine de pleurer, mais les larmes n’ont jamais coulé. Cette nuit, j’ai dormi avec mes fils. J’étais au plus bas.
Le lendemain, sa grande tante qu’il considère comme une maman m’a appelé pour dire qu’il lui avait tout raconté et elle l’a tellement blâmé qu’elle est sure qu’il ne recommencera plus. Toujours chambre à part, je voyais le regret dans ses gestes. Cadeaux, attentions régulières, présence constante à la maison. Je précise qu’il est assis financièrement. On a le nécessaire et bien plus. Je lui ai demandé de faire un checkup pour vérifier s’il n’avait pas une maladie et infection active. Son résultat à chlamydia était positif.
On s’est traité en couple. J’ai pardonné et je lui ai dit que la prochaine fois, je vais partir sans me retourner. Il m’a juré qu’il allait se battre pour vaincre ce défaut là et qu’il ne veut pas me perdre. Je reste. On se fixe de nouvelles bases. J’essaie de refaire confiance. Il y avait des matins lourds et d’autres absents. Le souvenir devenait hantant.
Deux mois plus tard, je le surprends au téléphone. Il s’empresse de me servir un mensonge que j’ai rapidement analysé. Peur de me retrouver avec une maladie chronique ou des trompes bouchées encore à cause de lui, je guette encore son téléphone, le monsieur n’avait pas arrêté. Il a maintenant été plus prudent. Toute une messagerie suspecte et bien verrouillée à présent. Je remarque des dépôts aux numéros que j’avais déjà eu à voir les mois précédents. J’entre en surchauffe. Je le confronte encore. Mais la situation semble se retourner contre moi, il demande le divorce. Même pas qu’il demande le divorce, il me menace avec un divorce en prenant comme argument : « Si tu vois que tu ne vas pas supporter mon défaut, tu pars. Je n’ai rien contre toi, mais je vais vaincre ça doucement. Soit tu supportes, soit tu pars ».









