Lundi soir, des éléments de la gendarmerie camerounaise ont appréhendé George Gilbert Baongla alors qu'il se rendait à Douala. Deux plaintes pour harcèlement et cybercriminalité l'attendaient à Yaoundé. Portrait d'un homme qui réclame depuis des mois une filiation présidentielle et un test ADN.
L'affaire défraie la chronique camerounaise. George Gilbert Baongla, qui se présente publiquement comme le fils aîné biologique du président Paul Biya, a été interpellé ce lundi soir à Édéa par des éléments de la gendarmerie nationale. Selon les informations relayées par ses pages de communication, des gendarmes en civil l'auraient pris en filature à bord d'un véhicule banalisé alors qu'il prenait la route de Douala, avant de procéder à son arrestation musclée et de le conduire vers Yaoundé.
Les faits tels que rapportés par son entourage
D'après les sources proches de Baongla, l'interpellation n'a rien d'une convocation ordinaire. Ses proches parlent d'un « enlèvement » assorti de violences physiques — des allégations graves qui n'ont pas encore fait l'objet d'une réponse officielle de la gendarmerie nationale. À Yaoundé, deux plaintes déposées par la légion de gendarmerie du Centre l'attendaient, portant sur des faits de harcèlement et de cybercriminalité — des chefs d'accusation qui visent manifestement ses activités sur les réseaux sociaux, où il multiplie depuis des mois les déclarations provocatrices sur sa prétendue filiation présidentielle.
Ce n'est pas la première fois que Baongla entre en confrontation avec les autorités camerounaises. En avril dernier, il avait été convoqué par le colonel Dieudonné Bialo. Il avait refusé de déférer à cette convocation — un acte d'insubordination rare face à la hiérarchie militaire — et posé une exigence préalable à toute collaboration : la réalisation d'un test ADN impliquant le président Paul Biya et son fils reconnu, Franck Biya.
Sa démarche est explicite et constante : il réclame « la preuve que Franck était le fils biologique du président » et se présente lui-même comme le « vrai fils aîné » de Paul Biya. Des affirmations que ni la présidence de la République ni aucune autorité officielle n'a jugé utile de commenter publiquement — ce qui n'a pas freiné leur diffusion sur les réseaux sociaux camerounais, où l'affaire alimente régulièrement les débats.
L'arrestation de Baongla intervient dans un contexte particulièrement délicat. La question de la succession de Paul Biya — hospitalisé en Suisse — mobilise les clans et les ambitions au plus haut niveau de l'État camerounais, autour notamment du poste de vice-président créé par la réforme constitutionnelle d'avril 2026 et toujours non attribué. Dans ce climat de fébrilité successorale, les revendications de filiation biologique avec le chef de l'État — même non étayées — constituent une perturbation que le pouvoir n'est manifestement pas disposé à laisser prospérer sans réaction.
Qu'elles soient fondées ou non, les accusations de cybercriminalité et de harcèlement permettent de traiter juridiquement une affaire dont le fond — la question de la paternité biologique du président — n'est pas du ressort des tribunaux ordinaires, et que personne à Yaoundé n'a intérêt à voir débattre publiquement.
La suite judiciaire du dossier Baongla sera à suivre de près.









