L’avocat camerounais, Me Akere Muna revient, dans une sortie sur les réseaux sociaux, sur la baisse de 41,3 % du bénéfice net de la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH) en 2025, malgré une progression de son chiffre d'affaires. Il rapproche cette évolution des mécanismes de corruption révélés dans l'affaire Glencore, où des pots-de-vin auraient été dissimulés sous forme de contrats de conseil et de commissions.
La machine à commissions de la SNH : Le même mode opératoire, toujours à l’œuvre
La société pétrolière nationale du Cameroun, la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH), a clôturé l'exercice 2025 avec un bénéfice net en chute de 41,3 %, à 19,98 milliards de FCFA, malgré une hausse de 6,1 % du chiffre d'affaires — une entreprise maintenue à flot uniquement par ses revenus financiers, et non par son activité propre, qui a enregistré une perte d'exploitation de 12,47 milliards de FCFA (Investir au Cameroun, 17 juillet 2026).
Au cœur de cette dégradation figure la ligne qui devrait attirer le plus d'attention : les paiements que les comptes désignent comme des « rémunérations d'intermédiaires et de conseils », lesquels sont passés de 3,26 milliards à 4,03 milliards de FCFA, soit une hausse de 23 % en une seule année, alors même que l'activité principale de l'entreprise perdait de l'argent.
Il ne s'agit pas d'un simple détail comptable. Le livre que je prévois de publier documente, à travers l'opération Azoth du Serious Fraud Office britannique et le plaidoyer de culpabilité de Glencore, comment 10,5 millions d'euros de pots-de-vin sont parvenus à des hauts responsables de la SNH entre 2012 et 2015, précisément à travers ce type de montage : des contrats de conseil fictifs, des commissions gonflées sur les cargaisons de pétrole, et des honoraires intégrés dans les contrats, choisis justement parce qu'ils sont suffisamment vagues pour justifier presque n'importe quel paiement et suffisamment difficiles à réfuter. Une ligne de commissions en hausse et inexpliquée à la SNH en 2025 ne rompt pas avec ce schéma — elle le prolonge, à travers la même structure institutionnelle qui a rendu possible le montage d'origine.
Tant que la SNH ne révélera pas qui sont ces intermédiaires, quels services ils ont réellement rendus, et pourquoi ces honoraires ont augmenté alors que l'exploitation s'effondrait, cette ligne comptable restera ce que le dossier judiciaire a déjà démontré qu'elle pouvait être : la cachette des paiements de corruption.









