Invité de l'émission Club d'Élites sur Vision 4, l'ancien ministre Fridolin Nké a livré des déclarations explosives sur l'enquête relative à l'assassinat de Martinez Zogo. Selon lui, la gendarmerie était « compromise dès le premier jour », et il affirme avoir reçu des menaces de la part du Galax Etoga, ainsi qu'avoir survécu à une tentative d'assassinat.
« Je suis l'affaire Martinez Zogo depuis le début, depuis le premier jour. J'en ai fait une affaire personnelle », a déclaré Fridolin Nké. L'ancien ministre, qui a mené des enquêtes parallèles sur l'assassinat du journaliste, affirme avoir été confronté à des obstacles dès les premières heures de l'investigation.
« Je sais aussi que, dans un pays normal, cette enquête n'aurait jamais dû être confiée à la gendarmerie, parce que la gendarmerie est compromise dès le premier jour de cette enquête. Je le dis avec beaucoup de sérieux et de sang-froid », a-t-il lancé.
Fridolin Nké a révélé avoir été victime de pressions après avoir pris des initiatives pour faire avancer l'enquête. « Dès le premier jour, lorsque j'ai pris l'initiative d'organiser les chefs traditionnels pour une sorte de prière aux ancêtres afin de conjurer ce sort, j'ai reçu des menaces de Galax Etoga, par l'intermédiaire du chef supérieur des Batchenga. Il m'a demandé de me retirer de cette affaire. Je le dis ici et je l'assume ! »
Quelques jours plus tard, il affirme avoir subi ce qu'il considère comme une première tentative d'assassinat. Une déclaration grave qui, si elle se confirme, jetterait une lumière crue sur les obstacles rencontrés par ceux qui cherchent à établir la vérité.
Une position qui s'inscrit dans la stratégie de la défense
La sortie de Fridolin Nké, sur le plateau de Vision 4, la chaîne appartenant à Jean-Pierre Amougou Belinga, s'inscrit dans une stratégie plus large de la défense visant à jeter le doute sur l'enquête et les institutions chargées de la mener. En pointant la « compromission » de la gendarmerie, il contribue à alimenter la thèse d'une manipulation et d'une instrumentalisation de la justice.
Fridolin Nké est régulièrement intervenu dans le débat public pour défendre la cause d'Amougou Belinga, qu'il estime victime d'une cabale. Il avait déjà affirmé avoir enquêté sur cette affaire et subi des menaces en conséquence.
Les déclarations de Fridolin Nké, aussi graves soient-elles, doivent être prises avec prudence. L'ancien ministre a déjà fait l'objet de critiques pour ses prises de position controversées. Il avait notamment affirmé que « des gens sont avocats de la DGRE mais ils font tout pour qu'on condamne la DGRE », une accusation qui avait suscité de vives réactions.
Reste à savoir si ses déclarations seront suivies d'éléments concrets permettant d'étayer ses accusations. En attendant, elles ajoutent une couche de complexité à un dossier déjà marqué par les polémiques et les zones d'ombre.









