Actualités of Friday, 17 July 2026

Source: www.camerounweb.com

Apocalypse à Etoudi : le coup d'État redouté s'est produit, confirmation totale d'un ministre en panique

Une tentative de coup d'État signalée Une tentative de coup d'État signalée

Pendant que le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, René Emmanuel Sadi, fait une mise au point ferme en rassurant l'opinion publique sur l'affaire du faux décret présidentiel portant nomination d'un vice-président, le ministre Henri Eyebe Ayissi, valide implicitement les révélations concernant des menaces concrètes et des manœuvres de déstabilisation internes visant le chef de l'État Paul Biya. Une situation qui fracture la communication officielle du gouvernement.

Réunis le dimanche 5 juillet 2026, à la maison du parti RDPC de Monatélé, les militants, élus, chefs traditionnels, femmes, jeunes et responsables politiques du département de la Lékié ont pris part à une vaste campagne départementale de mobilisation citoyenne autour des attentes présidentielles et des grands chantiers gouvernementaux. Conduite par le ministre des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières (Mindcaf), Henri Eyebe Ayissi, la rencontre a été marquée par un appel à la vigilance face aux faux décrets présidentiels, aux tentatives de déstabilisation des institutions et aux discours de haine, tout en réaffirmant le soutien au président Paul Biya et aux politiques publiques en cours. L'attention des participants aura davantage été portée sur le discours de l'orateur du jour, qui a exprimé, au nom du département, son rejet des tentatives de coup d'État, des faux décrets présidentiels.

Pour Eyebe Ayissi, la Lékié appelle à une vigilance rouge et à des mesures d'urgence pour préserver la vie du chef de l'État face aux ambitions démesurées de son entourage, y compris au sein des cercles les plus proches. Du coup, pour de nombreux observateurs, la sortie publique du ministre Eyebe Ayissi semble valider implicitement les révélations concernant des menaces concrètes et des manœuvres de déstabilisation internes visant le chef de l'État Paul Biya. Venant d'une figure majeure du régime, cette déclaration publique rame à contre-courant de la version officielle du gouvernement.

En effet, le 30 juin 2026, René Emmanuel Sadi, ministre de la Communication avait remis les pendules à l'heure à travers un communiqué officiel sur l'affaire du faux décret porté par un individu qui s'est rendu dans les locaux de la Cameroon Radio Television (CRTV), à Yaoundé. Ce dernier, indique le communiqué de Sadi, y a déposé un pli fermé contenant un prétendu décret présidentiel, portant nomination d'un vice-président de la République. « Ledit document, qui revêtait selon toute apparence, les sceaux officiels de la présidence de la République, ainsi qu'une signature attribuée au chef de l'État, Paul Biya, n'a cependant nullement trompé la vigilance des responsables de la CRTV, qui ne l'ont point diffusé sur leurs différentes antennes », a précisé le porte-parole du gouvernement.

Et d'ajouter : « Face à cette situation qui défraie la chronique depuis quelque temps, et donne lieu à des spéculations de tous ordres au sein de l'opinion, le gouvernement de la République tient à faire savoir que la diffusion des actes officiels dans notre pays notamment les décrets, les arrêtés, les nominations, les ordonnances, les annonces légales émanant soit du Premier ministre, des ministres ou de toute autre autorité habilitée à les signer, obéit à des procédures strictes et réglementées, qui visent à garantir leur fiabilité, leur crédibilité, ainsi que leur opposabilité aux tiers ».

Dans la foulée, le gouvernement de la République fera savoir à l'opinion que l'individu en question a été interpellé et se trouve actuellement entre les mains des autorités compétentes, qui ont engagé des investigations approfondies, afin d'apporter tous les éclairages nécessaires sur cette affaire. Le Mincom précisera également que l'individu concerné ne figure nulle part dans les effectifs de la présidence de la République et partant, n'est nullement habilité à effectuer des missions de cette nature.

« En conséquence, le gouvernement de la République invite tous nos concitoyens à un peu plus de vigilance et de discernement, en attendant l'aboutissement de l'enquête en cours, étant entendu que, toute décision dans cet important domaine est et demeure de la seule et exclusive prérogative du président de la République, Paul Biya », a conclu ledit communiqué.

Entre le démenti du Mincom René Sadi et l'alerte du ministre Eyebe Ayissi, il y a vraisemblablement une divergence de ton. D'aucuns sont vite allés en besogne en parlant de choc de communication au sommet du gouvernement. Comme pour dire que l'affaire du "vrai-faux décret" portant nomination d'un vice-président, successeur constitutionnel de Paul Biya, chose qui montre que le chef de l'État se retrouve plus que jamais dans les tenailles des clans mafieux et les réseaux d'influence s'affrontent désormais ouvertement dans le cadre de la transition.

Depuis quelques temps, le nom de René Emmanuel Sadi est au centre d'une formule qui circule autour de lui dans le débat politique. Il est présenté à tort ou à raison comme « le gardien du temple », dans un contexte marqué par les spéculations récurrentes sur le pouvoir et la succession autour du président Biya. L'affaire du faux décret présidentiel renvoie à la sensibilité extrême des questions liées à la stabilité des institutions et aux rumeurs de coup d'État dans l'histoire politique du Cameroun. Dans ce climat, il convient de rappeler que toute accusation ou hypothèse doit être traitée avec prudence et sans conclusion hâtive. Selon certains observateurs, le rôle de René Emmanuel Sadi, comme celui de tout responsable public, s'inscrit d'abord dans la communication gouvernementale et la défense des institutions. Le ministre Eyebe Ayissi, par contre, n'a pas pris les réserves nécessaires pour confirmer la réalité de menaces sérieuses pesant sur la stabilité du pouvoir d'Étoudi.

Source : L'Indépendant n°1045