Un nouveau développement majeur dans le procès de l'assassinat de Martinez Zogo. Entendu comme témoin ce mardi 14 juillet, le colonel Jean-Pierre Otoulou, ancien commandant de la Légion de gendarmerie du Centre au moment des faits, a présenté devant le Tribunal militaire de Yaoundé les éléments qui, selon son témoignage, impliqueraient Jean-Pierre Amougou Belinga dans cette affaire. L'enquête préliminaire, dont il a exposé les conclusions, retrace le parcours d'un téléphone iPhone 13 qui aurait servi à recevoir des vidéos du traitement infligé à la victime. Le témoignage fait état d'une chaîne de mains : de Melissa Amougou Belinga à Ogodigo Pamela Prisca, employée au domicile de la famille, puis à Albertine Ntete et Dzouentap Romarie, un informaticien qui a déclaré avoir inséré sa carte SIM dans l'appareil. Les enquêteurs ont tenté en vain de récupérer ce téléphone, Melissa Amougou Belinga ne s'étant pas présentée aux convocations. L'audition de Mbeng Diane Jocelyne, assistante de direction de Jean-Pierre Amougou Belinga, a également révélé qu'elle avait manipulé un téléphone de son employeur le 18 janvier 2023. Une confrontation avec le lieutenant-colonel Justin Danwe a confirmé que ce dernier avait été reçu en audience par Amougou Belinga ce jour-là. La DGRE a également transmis des extraits de vidéos de ses caméras de surveillance. Le tribunal devra désormais apprécier la valeur probante de ces éléments.
RGENT | AFFAIRE MARTINEZ ZOGO : LE COLONEL OTOULOU PRÉSENTE AU TRIBUNAL LES ÉLÉMENTS QU'IL ESTIME ACCABLANTS CONTRE AMOUGOU BELINGA
Nouveau développement dans le procès relatif à l'assassinat du journaliste Martinez Zogo devant le Tribunal militaire de Yaoundé.
Entendu comme témoin, le colonel Otoulou, ancien commandant de la Légion de gendarmerie du Centre au moment des faits, a présenté devant la juridiction les éléments qui, selon son témoignage, impliqueraient Jean-Pierre Amougou Belinga dans cette affaire.
Le témoin s'est notamment appuyé sur les conclusions de l'enquête préliminaire, qui font état de plusieurs investigations portant sur un téléphone présenté par les enquêteurs comme celui qui aurait servi à recevoir des vidéos liées au traitement infligé à la victime.
Selon ces conclusions, les recherches ont conduit à l'identification de Dzouentap Romarie, informaticien à Yaoundé, qui a déclaré avoir inséré sa carte SIM dans un iPhone 13 pendant quelques minutes, sans pouvoir l'utiliser en raison de codes d'accès. Il a affirmé que l'appareil lui avait été présenté par sa belle-sœur, Albertine Ntete, avant d'être récupéré le même soir.
Toujours d'après l'enquête préliminaire, Ogodigo Pamela Prisca, employée au domicile de la famille Amougou Belinga, a déclaré avoir reçu ce téléphone de sa patronne le jour de l'interpellation de Jean-Pierre Amougou Belinga, avant de le remettre temporairement à Albertine Ntete puis de le restituer, le soir même, à Melissa Amougou Belinga, à la demande de cette dernière.
Les enquêteurs indiquent également que leurs tentatives pour récupérer ce téléphone afin de procéder à son exploitation technique sont restées sans succès, précisant que Melissa Amougou Belinga ne se serait pas présentée aux convocations et que le téléphone n'aurait pas été remis aux enquêteurs, selon les conclusions versées au dossier.
L'enquête préliminaire évoque par ailleurs l'audition de Mbeng Diane Jocelyne, assistante de direction de Jean-Pierre Amougou Belinga. Celle-ci a reconnu avoir manipulé un téléphone appartenant à son employeur le 18 janvier 2023, tout en affirmant que cette manipulation visait uniquement à installer l'application WhatsApp et à reconfigurer le répertoire.
Une confrontation organisée entre Mbeng Diane, Jean-Pierre Amougou Belinga et le lieutenant-colonel Justin Danwe a confirmé que ce dernier avait bien été reçu en audience par Amougou Belinga le 18 janvier 2023. Les parties divergent toutefois sur l'objet exact de la manipulation du téléphone effectuée ce jour-là.
Enfin, les conclusions de l'enquête mentionnent que la DGRE a transmis aux enquêteurs des extraits de vidéos issus de ses caméras de surveillance couvrant les journées des 18 et 23 janvier 2023, dans le cadre des investigations.
Ces éléments correspondent aux conclusions de l'enquête préliminaire présentées au dossier. Ils font actuellement l'objet d'un examen contradictoire devant le Tribunal militaire, qui devra apprécier leur valeur probante au regard des débats et des observations de la défense.
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