La Caisse autonome d'amortissement (CAA) a publié sa dernière note de conjoncture, qui met en lumière l'ampleur des besoins de financement de l'État camerounais pour les prochaines années. Selon ce document, le Cameroun devra mobiliser 7 689 milliards de FCFA d'emprunts entre 2026 et 2028 afin de couvrir ses besoins de financement.
Le montant prévu représente à lui seul 87,2 % du budget de l'État pour l'exercice 2026. Dans le détail, 3 197 milliards de FCFA devraient être mobilisés dès cette année, conformément à la loi de finances. Les 4 500 milliards de FCFA restants sont attendus en 2027 et 2028, avec notamment un emprunt international de 1 000 milliards de FCFA prévu en 2027. Contracté en devises étrangères, cet emprunt sera exposé aux fluctuations des taux de change, notamment du dollar américain et de l'euro.
Un endettement qui s'accélère
À la fin du mois de mars 2026, l'encours de la dette publique du Cameroun s'élevait déjà à 15 416 milliards de FCFA, soit une hausse de 6 % sur un an. Le ratio dette/PIB atteint désormais 44,3 %, un niveau qui demeure, selon la CAA, inférieur aux plafonds fixés par les autorités nationales et communautaires.
Toutefois, plusieurs indicateurs appellent à la vigilance. Le service de la dette devrait passer de 7 % à 8,8 % du PIB entre 2025 et 2026, tandis que les arriérés de paiement dépassent désormais 1 000 milliards de FCFA.
Si la CAA estime que la trajectoire de la dette reste soutenable, le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque africaine de développement (BAD) continuent de classer le Cameroun parmi les pays présentant un risque élevé de surendettement.
Selon plusieurs analyses, une partie importante des nouveaux emprunts serait destinée au refinancement des dettes existantes plutôt qu'au financement de nouveaux investissements susceptibles de soutenir durablement la croissance économique. Une situation qui soulève des interrogations sur la soutenabilité de la dette publique et sur les marges de manœuvre budgétaires dont disposera le Cameroun dans les années à venir.
Cette évolution relance le débat sur la soutenabilité de la dette publique et sur les marges de manœuvre budgétaires dont disposera le Cameroun dans les années à venir. Alors que l'État s'endette pour refinancer ses dettes plutôt que pour investir, les Camerounais s'interrogent sur la gestion des finances publiques et sur les conséquences pour les générations futures.









