Actualités of Friday, 3 July 2026

Source: www.camerounweb.com

« Je ne suis pas un lâche », Souley Onohiolo lors de la cérémonie marquant la fin de son défi

La cérémonie marquant la fin de ce défi s'est tenue le 3 juillet 2026 à Yaoundé La cérémonie marquant la fin de ce défi s'est tenue le 3 juillet 2026 à Yaoundé

Le journaliste et éditorialiste du quotidien Le Messager, Souley Onohiolo, a finalement rasé sa barbe après près de huit mois de protestation symbolique, alors que le président Paul Biya n'a toujours pas procédé à la nomination d'un nouveau gouvernement.

La cérémonie marquant la fin de ce défi, baptisée « Tomber la barbe de Big Soul Soul », s'est tenue le 3 juillet 2026 à Yaoundé.

En novembre 2025, le journaliste avait juré de ne plus se rendre chez le coiffeur tant que le décret portant remaniement ministériel ne serait pas signé. Malgré les annonces faites par le chef de l'État lors de son traditionnel discours à la Nation du 31 décembre 2025, le gouvernement est resté inchangé.

En décidant de mettre un terme à son engagement personnel, Souley Onohiolo tourne ainsi la page d'un geste devenu, au fil des mois, un symbole de son attente d'un renouvellement de l'équipe gouvernementale.


Avant de tomber la barbe, qu’est-ce que je n’ai pas lu ? Qu’est-ce que vous n’avez pas lu ? J’ai pris l’engagement de ne jamais répondre. On m’a croqué sous toutes les formes. On m’a imaginé en deux-mille-un un trente-deux. On a... Je ne suis pas un lâche. Parce que je ne défendais aucune idéologie. Je vais dire que tout est parti d’un caprice. Et le caprice s’est transformé à une révolte personnelle et silencieuse.

Mais je vais vous avouer quelque chose que les gens n’ont jamais compris. Il y avait sur moi deux souley. Un souley à soixante-quinze pour cent convaincu que le président de la République ne peut plus gouverner. Depuis deux-mille onze j’étais de ceux qui pensaient que, comme l’aimait à dire mon cher ancien collègue et confrère Rodrigue Tongue, qu’en deux-mille-onze il y a une seule personne qui était disqualifiée à être candidat parce qu’il avait consommé, n’est-ce pas, ses deux mandats selon la constitution de dix-neuf-cent-quatre-vingt-seize qui est le fruit d’un consensus politique.

Donc faire sauter le verrou de la modification, faire sauter le verrou de la limitation des mandats en deux-mille-huit... hum... c’était déjà compliqué. Mais le président a eu un mandat deux-mille-onze deux-mille-dix-huit. En deux-mille-dix-huit j’étais de ceux qui pensaient que c’est reparti, c’était un mandat de trop. Et que ça devait être très compliqué. Le pays devait devenir ingouvernable. Et encore prendre encore un mandat en deux-mille-vingt-cinq c’était la totale.

Je continue à dire... bon, je sais qu’il y a quelques forces de l’ordre, quelques agents qui sont là parmi nous, mais ils savent que ce que je dis là je le dis à la télé. Je l’ai dit plusieurs fois sur les plateaux de télévision qu’il était venu temps en deux-mille-dix-huit pour monsieur Biya de partir au village. De laisser la place. Il y a beaucoup de gens talentueux dans le RDPC. Beaucoup.

Les gens m’ont pris l’exemple du Parti communiste chinois. On dit “oh le Parti communiste chinois est au pouvoir depuis longtemps”. Mais je leur ai dit que le président Biya a reçu quatre présidents du Parti communiste chinois. Ça veut dire qu’on peut faire les réformes, le changement même dans le Parti uni. Donc ce n’est pas de la lâcheté. Je ne détiens pas l’agenda du président.

Monsieur le président, dès lors il y a des choses qui dépendent de nous et celles qui ne dépendent pas de nous. Forcement quand j’ai parlé du seuil de l’ingouvernabilité, la preuve : le Cameroun est l’un des rares pays où un gouvernement dure plus que la durée d’un certain an. C’est pas très évident. Mais on vit avec. Non.

Je ne suis pas un lâche. J’ai fait une part. Ma part. Les autres peuvent continuer. Parce que ce que vous ne savez pas, je vous fais une confidence : c’est que pendant ma barbe j’ai rencontré même des gens les plus insoupçonnées qui perdent patiences. Mais ils ne peuvent pas parler. Ils ne peuvent pas. Parce qu’on ne sait jamais. Dès que tu commences à parler, n’est-ce pas, le rouleau compresseur se met en marche.

Souley Onohiolo