Oswald Baboke, directeur adjoint du Cabinet civil de la présidence, a été entendu à plusieurs reprises par le Tribunal criminel spécial dans le cadre de deux enquêtes portant sur un présumé trafic d'or et l'affaire du faux décret présidentiel. Afrique Monde TV présente ces procédures comme un révélateur de tensions et de luttes d'influence au sommet de l'État, tout en rappelant qu'à ce stade, aucune charge n'est retenue contre l'intéressé, entendu en qualité de témoin, tandis que sa famille dénonce une campagne de diffamation.
C'est un séisme politique sans précédent qui secoue les arcanes de la présidence de la République ! Homme de l'ombre par excellence, réputé pour sa discrétion absolue et ses connexions au plus haut niveau, Oswald Baboke, Directeur adjoint du cabinet civil (DACC) de la présidence depuis 2018 et proche de la Première dame Chantal Biya, est pris dans une vertigineuse tourmente judiciaire. En moins d'une semaine, ce haut commis de l'État a été convoqué et auditionné à trois reprises (le 26 juin, le 30 juin et le 1er juillet) par les enquêteurs du Tribunal criminel spécial (TCS). Une accélération fulgurante qui témoigne de la gravité extrême des dossiers sur la table des juges.
Sous le feu des projecteurs : Deux dossiers d’une gravité exceptionnelle
Le rythme effréné de ces auditions s'explique par l'imbrication de deux affaires d'État distinctes et particulièrement explosives :
1-Le méga-trafic d’or vers Dubaï : Un gouffre statistique abyssal
Sur hautes instructions du chef de l'État, la justice s'attaque au pillage des ressources aurifères du pays. Les chiffres du secteur minier donnent le tournis : alors qu'en 2023 le Cameroun ne déclarait officiellement que 22 kg d'or exportés, les registres douaniers de Dubaï enregistraient près de 15 tonnes en provenance du territoire camerounais ! Entre 2021 et 2025, le trafic porterait sur environ 44 tonnes d'or. Au cours des investigations sur les permis miniers, les sociétés écrans et les circuits financiers opaques, le nom d'Oswald Baboke ainsi que celui de certains de ses proches, notamment sa fille la chantre Indira Baboke, auraient été cités. Les enquêteurs s'efforcent de reconstituer les pièces de ce puzzle financier géant.
2-L’affaire du faux décret présidentiel à la CRTV : Une tentative de déstabilisation ?
Le second volet frôle l'incident institutionnel majeur. Le 12 juin 2026, un individu nommé John Kuate s'est introduit à la CRTV avec un pli scellé contenant un faux décret présidentiel portant nomination d'un vice-président de la République, revêtu de faux sceaux officiels et d'une imitation de la signature de Paul Biya. La vigilance du Directeur général de la télévision nationale, Charles Ndongo, a permis de stopper in extremis la diffusion de ce document hautement subversif. L'enquête, confiée à la Direction de la sécurité présidentielle (DSP), examine l'hypothèse d'une « tentative de coup d'État manqué » par voie médiatique. Là encore, les services de renseignement cherchent à vérifier si des complicités mènent au cabinet civil.
3-Guerre des clans à Étoudi et riposte de la famille Baboke
Au-delà de l'aspect judiciaire, ce feuilleton met en lumière la féroce guerre de succession qui fait rage au sommet de la technostructure. De nombreux analystes y décèlent une offensive frontale entre le camp du Secrétaire général de la présidence (SGPR), Ferdinand Ngoh Ngoh, et la ligne du cabinet civil. Face à ce déchaînement, l’épouse d’Oswald Baboke, Crescence Baboke, est sortie du silence pour dénoncer avec véhémence une cabale politique et une violente « campagne de diffamation » orchestrée sur les réseaux sociaux pour détruire l'honneur de sa famille.
4-Témoin ou futur prévenu ? La justice camerounaise au pied du mur
À l'heure actuelle, le sérail retient son souffle. Il convient de rappeler qu'à ce stade de la procédure, aucune charge n'est retenue contre Oswald Baboke : il est entendu en qualité de témoin et non de prévenu. Néanmoins, ces convocations répétées envoient un signal psychologique fort au sein du pouvoir, rappelant que nul n'est théoriquement intouchable. Les prochains jours s'annoncent décisifs pour l'avenir politique de ce pilier du régime.
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