Selon plusieurs sources, le directeur adjoint du cabinet civil de la présidence, Oswald Baboke, a été entendu dans le cadre de deux enquêtes distinctes. La première porte sur un faux décret présidentiel annonçant la nomination d’un vice-président, dont les autorités cherchent à identifier les auteurs et les circonstances de fabrication. La seconde concerne des soupçons d’irrégularités dans la filière aurifère camerounaise, liés à des écarts entre les exportations officielles d’or et les volumes enregistrés à l’étranger.
Le directeur adjoint du cabinet civil de la présidence camerounaise, Oswald Baboke, a été entendu par le Tribunal criminel spécial dans le cadre de deux enquêtes distinctes, selon des informations recueillies de sources proches du dossier.
La première affaire concerne un faux décret présidentiel présenté le 12 juin à la CRTV, annonçant la nomination d’un vice-président. Après vérification auprès du directeur du cabinet civil de la présidence, Samuel Mvondo Ayolo, le document a été déclaré faux, n’ayant pas été signé par le chef de l’État.
Selon plusieurs sources proches de l’enquête, les investigations portent notamment sur l’origine des sceaux utilisés, les conditions de fabrication du document et l’identification de ses auteurs. Certains éléments non confirmés évoquent des interrogations sur l’authenticité des cachets et des procédures de validation.
Des sources sécuritaires indiquent que les personnes ayant déposé le document se seraient présentées en cortège, accompagnées d’individus décrits comme des responsables militaires en civil. L’auteur présumé du dépôt serait actuellement entendu au Secrétariat d’État à la Défense (SED). Une note de renseignement évoquerait, sans confirmation officielle, une tentative de « coup d’État manqué ».
L’enquête a été confiée à la Direction de la sécurité présidentielle et suit son cours sous la coordination de la présidence. Elle comprend notamment des expertises techniques du document et des analyses destinées à en retracer l’origine.
Par ailleurs, une seconde enquête concerne la filière aurifère camerounaise. Selon l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), les exportations officielles d’or du Cameroun en 2023 s’élèveraient à 22 kilogrammes, tandis que des volumes nettement supérieurs auraient été enregistrés à l’étranger, notamment à Dubaï.
Entre 2021 et 2025, les écarts entre production estimée et exportations déclarées alimentent des soupçons d’exploitation et de circuits parallèles, ayant conduit à l’ouverture d’investigations sur instruction des autorités.
Dans ce cadre, plusieurs personnalités ont été entendues, dont Oswald Baboke. Son nom, ainsi que celui de certains de ses proches, aurait été cité dans le cadre de ces vérifications, ce que ses proches contestent fermement.
Ces derniers dénoncent une mise en cause injustifiée et rappellent que, selon eux, « il n’est pas le seul à avoir été convoqué », d’autres personnalités, y compris des proches de la famille présidentielle, devant également être entendues dans le cadre de ces enquêtes.
JPD









