Dans sa mission d’audit au ministère des Finances (Minfi), les cadres du Contrôle supérieur de l’État (Consupe) ont constaté que certains responsables du ministère des ont autorisé le paiement des rappels ESD 447 et du capital-décès sans s’assurer que les dossiers y afférents étaient disponibles et reflétaient la réalité de la dépense. La demande d’explication adressée à Edou Alo’o Cyrill dresse d’ailleurs l’état des autorisations de paiement (AP) par signataire.
Le document cite nommément l’implication de Tsafanck Berthe Jeannine, Edou Alo’o Cyrill, Samba Felix Antoine, Edoa Gilbert Didier, Simo Kengne et Urbain Noël Ebang Mve. Invités à s’expliquer, l’alors ministre des Finances, Alamine Ousmane Mey, n’a pas cru devoir répondre.
Quant à Samba Antoine Félix, DGB au cours des exercices 2013 et 2014, a déclaré : « J’ai l’honneur de vous faire connaître que ces autorisations de paiements sanctionnent une étude minutieuse des dossiers avec pièces justificatives, à la seule responsabilité de la direction de la Dépense des personnels. Pour des besoins de procédure, le ministre avait signé une note de service instituant que les documents ayant été traités et vérifiés au niveau de cette structure soient soumis en signature par paliers aux différentes hiérarchies en fonction du montant. Je vous suggère ce faisant, de saisir ladite structure au cas où votre souci de vérifier la véracité des montants ».
Pour sa part, Didier Gilbert Edoa, DGB au cours des exercices 2014 et 2017, n’a pas cru devoir répondre. Edou Alo’o Cyril, DGB au cours des exercices 2017 et 2018, a déclaré : « L’autorisation de paiement est un acte administratif, institué après le traitement (par l’ordonnateur) et le paiement (par le comptable public) de la solde déjà disponible dans le compte de l’agent public au moment de sa signature, pour se conformer à une exigence des banques, elles-mêmes contraintes d’adopter des mesures anti-fraude par leur régulateur la Cobac dans la lutte contre le blanchiment. Le virement des fonds est comme le veut la nomenclature budgétaire de l’État, soumis à la validation du comptable public après les contrôles d’usage en la matière. Cette validation correspond d’ailleurs à l’acte de paiement unique dans le système. Le comptable public est donc bien dans son rôle, sauf dans le cas des traitements batch, procédure dérogatoire par excellence où la cellule informatique de la DDPP traite et valide seules les données. Loin d’être un vu-bon-à-payer, l’autorisation de paiement atteste juste que le ministère des Finances est bien l’émetteur du montant viré parce que ce dernier est plus élevé que la solde habituelle de l’agent public concerné ».
L'Indépendant n°1042









